Mois : novembre 2006

Ah, le sommeil…

Il y a des chances que certains, me connaissant, ne soient pas étonnés qu’un tel article apparaisse sur mon blog… Car oui, je vous l’avoue, j’ai une double identité : le jour je suis marmotte au radar, mais la nuit… je suis une marmotte en hibernation O_O. Il m’arrive aussi de temps en temps d’avoir des attitudes de chauve-souris ou de chat (rejoint la marmotte sur certains points), m’enfin une explication plus en profondeur me ferait dévier du sujet principal : Le Sommeil !N’ayez crainte, je ne vous parlerai pas du Palais du Sommeil dans les Métamorphoses ni des théories freudiennes sur les pulsions du subconscient qui arrivent à passer outre la censure dans le sommeil ect ect… J’ai pas créé un blog pour parler boulot non mais ! Non, je ne vous parlerai ici que du plaisir que le sommeil procure, mais aussi de ses effets néfastes…Qui n’a jamais béni l’arrivée du week-end ? Celle des vacances ? Qui n’a jamais eu envie d’exploser son réveil matin contre les murs de sa chambre ? Et tout ça pourquoi ? Pour avoir droit à quelques heures de sommeil en plus ! Pour pouvoir s’échapper un peu plus longtemps dans cet autre monde, de l’autre côté de la couette… Dans le sommeil nous trouvons une logique nouvelle, elle semble si évidente lorsqu’on dort et pourtant… On cherche à atteindre un but, et on y reste totalement borné… Imaginez par exemple un chalet vosgien : vous entrez dans le garage et là… Un dédale truffé de pièges à la Indiana Jones, vous apprenez qu’une princesse est enfermée au centre du labyrinthe, et qu’elle se transformera en pierre si vous arrivez trop tard… Évidemment, tout semble ici très logique, vous vous faites courser par une boule géante prête à vous écraser les os, mais c’est pour vous aussi banal que de partir aux toilettes. Enfin bon, les rêves sont souvent délirants, et c’est tant mieux parce que ce sont les meilleurs…

Certains sont si beaux que le réveil s’accompagne d’atroces souffrances, d’autres font croire à des tests surprises au beau milieu des vacances, d’autres… nous traumatisent pendant quelques semaines… Mais tous ceux-ci restent néanmoins des cas isolés, et l’assoupissement peut rester un plaisir quotidien, un ressourcement dans le monde onirique, un apaisement sans fin… Parfois quand tout va mal dans la réalité, on aurait envie de rester endormis… Peut-être Hamlet a-t-il raison, peut-être la mort n’est-elle qu’une nuit, une nuit sans rêves… Mais personnellement, je préfère continuer de rêver aussi longtemps que je le peux…

Le sommeil est aussi un fléau, il est terrible, terrifiant, il change les gens en monstruosités à moitié marmottes… Voici quelques exemples de symptômes de la fatigue :

« Pentacle à l’envers » devient « Pinte à camembert »

« Tu dors comme un loir » devient « Tu dors comme une armoire »

Vous écrivez « Antigouine » au lieu d' »Antigone » (l’homophobie, c’est mal…)

Vous cliquez une bonne dizaine de fois en haut à droite de votre fond
d’écran avant de comprendre que le PC ne s’éteindra pas comme ça

Vous traduisez « Quelle heure est-il ? » en anglais en regardant votre montre

Vous vous rendez compte que s’endormir sur les anneaux ouverts
de votre classeur de physique-chimie n’est pas une bonne idée…

Vous cherchez partout dans votre cave une bouteille du crû « Pinar » quand on vous demande d’aller y chercher du vin et revenez bredouille avec du Corbières

Vous pensez que le magazine l’Histoire s’intéresse aux félins
quand on vous dit qu’il y a un dossier sur Mao (« maôw »)

Vous comprenez « un glacier dans une maison » puis « un vestiaire dans une maison » quand on vous parle d’investir dans une maison ^^

Vous voulez tenter de lutter ?
Prenez une tasse de thé !
[With a cloud of milk, please !]

L’automne

La nuit se fait de plomb, craque le ciel.
Le vent souffle encore, un long hurlement.
La pluie a ce toucher froid et cruel,
Et cette vie m’ennuie infiniment.

Les feuilles s’embrasent, puis, cendres, ternissent,
Tombent et volent comme un ange déchu
Qui avec espoir s’en va loin et glisse
Pour toujours vers un paradis perdu.

Le froid, armé de ses dents en poignard,
Accompagne la rosée se faisant
Belle, muse antique et candeur : un miroir,
Et tue la nature entière en mordant.

Quand ici s’éclairent les candélabres,
Que le tonnerre, puissant et viril tonne,
On peut voir , dans une danse macabre,
Elle, vêtue de ses tissus vaporeux – l’Automne.

Etheldrède


Il y en a qui disent qu’écrire, c’est hurler en silence… Ce n’est pas toujours vrai, l’inspiration n’attend pas forcément la colère ou la tristesse, les mots peuvent surgir comme une brise surgit au printemps et puis couler comme une rivière paisible. Il est néanmoins vrai que les mots apaisent, et si la douleur ne s’enfuit pas avec le sang, les larmes et les cris, l’encre laissera toujours avec elle un peu de tristesse sur le papier.

Peut-être que le travail d’écriture nous fait nous détourner de nos peines : on pense aux rimes, aux nombre de pieds, à la cohérence des phrases,… On raconte une histoire, qu’elle soit réelle ou fictive importe peu au fond, car si elle est couchée sur le papier, elle est toujours issue de l’esprit du créateur. Âme en peine, âme rêveuse, âme taquine, âme oureuse… La plume est un cordon ombilical et l’écrit, un fœtus d’état d’âme.

Une amie m’avait un jour cité Francis Carco : « Écrire des vers à vingt ans, c’est avoir vingt ans. En écrire à quarante, c’est être poète. ». Ainsi, Rimbaud qui n’a jamais atteint les quarante n’aurait jamais eu que vingt ans, c’est injuste ! D’un côté, il est vrai que les passions adolescentes nous rendent plus enclins à l’écriture que les vies prosaïques des adultes, et qu’écrire à quarante ans révèle une réelle passion envers les mots. Cependant, ces derniers quarantenaires n’aimaient-ils pas tout autant manier les phrases alors que l’acné disparaissait tout juste de leurs visages ?

[Âme en peine ou âme heureuse ?]
[Âme en haine ou amoureuse ?]