L’automne

La nuit se fait de plomb, craque le ciel.
Le vent souffle encore, un long hurlement.
La pluie a ce toucher froid et cruel,
Et cette vie m’ennuie infiniment.

Les feuilles s’embrasent, puis, cendres, ternissent,
Tombent et volent comme un ange déchu
Qui avec espoir s’en va loin et glisse
Pour toujours vers un paradis perdu.

Le froid, armé de ses dents en poignard,
Accompagne la rosée se faisant
Belle, muse antique et candeur : un miroir,
Et tue la nature entière en mordant.

Quand ici s’éclairent les candélabres,
Que le tonnerre, puissant et viril tonne,
On peut voir , dans une danse macabre,
Elle, vêtue de ses tissus vaporeux – l’Automne.

Etheldrède


Il y en a qui disent qu’écrire, c’est hurler en silence… Ce n’est pas toujours vrai, l’inspiration n’attend pas forcément la colère ou la tristesse, les mots peuvent surgir comme une brise surgit au printemps et puis couler comme une rivière paisible. Il est néanmoins vrai que les mots apaisent, et si la douleur ne s’enfuit pas avec le sang, les larmes et les cris, l’encre laissera toujours avec elle un peu de tristesse sur le papier.

Peut-être que le travail d’écriture nous fait nous détourner de nos peines : on pense aux rimes, aux nombre de pieds, à la cohérence des phrases,… On raconte une histoire, qu’elle soit réelle ou fictive importe peu au fond, car si elle est couchée sur le papier, elle est toujours issue de l’esprit du créateur. Âme en peine, âme rêveuse, âme taquine, âme oureuse… La plume est un cordon ombilical et l’écrit, un fœtus d’état d’âme.

Une amie m’avait un jour cité Francis Carco : « Écrire des vers à vingt ans, c’est avoir vingt ans. En écrire à quarante, c’est être poète. ». Ainsi, Rimbaud qui n’a jamais atteint les quarante n’aurait jamais eu que vingt ans, c’est injuste ! D’un côté, il est vrai que les passions adolescentes nous rendent plus enclins à l’écriture que les vies prosaïques des adultes, et qu’écrire à quarante ans révèle une réelle passion envers les mots. Cependant, ces derniers quarantenaires n’aimaient-ils pas tout autant manier les phrases alors que l’acné disparaissait tout juste de leurs visages ?

[Âme en peine ou âme heureuse ?]
[Âme en haine ou amoureuse ?]

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