Requiem for my Docs

Gros godillots.

Écrase-merdes.

Cire-les au moins !
Tu me fais honte, ma fille.


Tels étaient leurs divers surnoms attribués avec affection par ma génitrice. Ça faisait bien trois ans que ces deux là étaient à mes pieds… Et pour ainsi dire, elle ne me lâchaient pas d’une semelle. Véritables chaussons d’extérieur, j’aurais traversé le monde avec elle, j’aurais affronté courageusement toutes les situations de la vie…

Seulement voilà… Mors certa, hora incerta. Cette heure est venue lundi, un problème de fermeture-éclair. Et les légistes sont formels : « Vu leur état de décomposition avancée… », laissant entendre qu’une nouvelle paire vaudrait mieux qu’une réparation. Et c’est là que mon cœur se déchire ainsi que la fermeture sur mon mollet, là qu’accourent à mon esprit les souvenirs.

Elles ont connu des pogos sur Indochine et Placebo. La boue d’Hide Park s’est accrochée à elles avant de s’essuyer chez Harrods, et même qu’un peu de mousse de la fontaine des Trois grâces le jour du bizutage. Les amours ont défilé, elles restent à mes pieds. Elles attendaient vaillamment en haut des escaliers chez David, dans l’entrée de chez Guillaume, pour joncher vaguement quelque part dans mon appart’.

Si j’avais dû faire mon auto-portrait en quelques mots, j’aurais dit un truc chevelu qui crie fort et parle beaucoup quand il s’y met, avec des rayures et des kilts sur un fond noir… Et des Docs aux pieds.

Jamais ces deux chérichettes aux coutures jaunes ne m’ont fait boiter en pleurant à moitié, quand la chair et le sang de mes orteils se dépose si vite dans une paire d’escarpins. Non pas que je renie le maître Théophile Gautier, mais « le pied de la momie », très peu pour moi. Et c’est pourtant de bandelettes et de pansements que se vêtent mes petons depuis que Docounettes ne sont plus.

Ces amies vaillantes et fidèles trouveront leur sépulture au fond de mon jardin…
Et telle sera leur épitaphe :


« Vous étiez toujours à mes pieds, et à présent, vous voici en-dessous »

Moi, fétichiste ? Jamais !
[Et en plus, Oli de Sat a les mêmes…]

Epilogue

Un jour de terminale, alors que j’arrivais à l’arrache au lycée, Eliot me fit remarquer que j’étais immortelle pour une sombre histoire de baguette chinoise plantée dans le crâne (ne cherchez pas de logique ici, on parle d’Eliot ^^ »). Ainsi ce caractère s’est-il transmis à mes chères chaussures, et les Docs, à mon image, ont finalement et grâce à quelques points de suture au niveau de la quasi-fatale fermeture éclair, prouvé leur immortalité et retrouvé la place qui leur était due… A mes pieds…

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