Mois : juin 2008

J’ai trouvé mon Paradize

Il y a environs deux semaines que je l’ai trouvé… Mon chemin à suivre, ma voie, ma foi… A la veille de l’épreuve de philo, et la tête pleine de conceptions diverses et variées de divers philosophes, je me suis mise à écrire. Réfléchir. Je ne vais pas changer ce que j’ai écrit, c’est du « à chaud », la réflexion en live d’une fille qui écrirait presque comme elle parle… Presque. Quand je parle, je bafouille, j’ai des tics, je m’embrouille, au moins, à l’écrit, je ne me perds pas : l’encre crée un fil d’Ariane dans le labyrinthe des esprits. Assez parlé. Etheldrède se transforme en moine copiste du XXIème siècle et fait d’écrits de papier des écrits de pixels.

Je viens de finir l’autobiographie de Marilyn Manson pour me plonger dans De la liberté d’Epictète. Liberté, liberté chérie, voilà le résumé de mes pensées. Si l’on est seul, tout seul comme je m’en lamentais l’autre jour, alors croyons au moins en une chose : nous-même. « Cogito ergo sum ». Sum… SUM ! J’EXISTE ! C’est sûr, certain, Descartes l’a prouvé. Que lui ait existé, j’en sais rien. Mes sens me disent que oui. Mais le monde extérieur n’est pas sûr. Rien n’est sûr excepté moi-même : j’existe. Et c’est là qu’arrivent les trips ésotériques. Glorification de soi, l’Homme. Une tête pour penser, deux bras et deux jambes pour agir. Et autour, l’eau, le feu, la lumière, l’air et le vent. L’Homme est une étoile. Lucifer, étoile du matin.

Et si Dieu n’était qu’un berger pour les immoraux, les incapables de penser par eux-mêmes ? On s’en remet à Dieu, on rejette toute responsabilité entre ses mains. C’est un berger… Et nous ? Bêêê ! Moutons… « God is in the TV » chante bien à propos Brian Warner à cet instant. Cessons de suivre. Dirigeons nous-mêmes notre propre vie. Libre aux « faibles » (Nietzsche) de s’en remettre à ce guide moral. Mais les interprétations… « Tu ne tueras point. » Combien de fois l’ont-ils transgressé ? La religion ne fut pendant des années qu’un concept pour encadrer la population, originellement elle offrait des préceptes moraux, qui, je ne peux le nier, m’ont donné une éducation telle que ma conduite actuelle est guidée par certaines idéaux moraux que tous n’ont pas. Mais peut-être n’y est-elle pas pour tout ? Peut-être des pleurs quotidiens, des injustices subies, ont été indispensables à un certain dégoût actuel pour ce qui est injuste. « Sens la poutre dans ton œil avant de voir la paille dans l’œil du voisin, » et je pardonne. Je pardonne toujours aujourd’hui, je ne serais sûrement pas mieux à leur place. Même si c’est peut-être une hypocrisie instantanée vis-à-vis du mépris originellement ressenti. Je ferme les yeux sur les autres. Seule m’importe ma conduite. Être irréprochable. Pouvoir me montrer nue comme un Stoïcien (cf Epictète) sans avoir honte de mon comportement. Bas les masques. Mais que la vertu ne tombe pas. Je ne veux pas devenir une bête.

« Dieu est mort, » dit Nietzsche. Si je me permets de prononcer ces mots en profession de foi, alors il faut que j’assume. Plus de guide, ni de berger, je dois refuser la facilité, refuser d’être un mouton. Même si faire le bien est plus difficile que de faire le mal, que ce ne soit pas en étant dirigée par une carotte-Paradis et un bâton-Enfer. Si l’Église dérive comme elle l’a déjà fait, je ne tomberai pas avec elle. C’est en remettant à d’autres sa pensée qu’on tue le maure et l’hérétique.On devient Nazi, facho, FN, con à force d’être hypnotisé par ceux qui s’imposent comme maîtres. Non. C’est dur, mais il faut assumer. On a voulu le fruit de la connaissance, assumons. Connaissons et sauvons notre âme des vampires qui la veulent pour leur pognon ou leur satisfaction personnelle.

Si je renie Dieu, alors il faut que j’aie la connaissance, soit la conscience pour aider à la réalisation du bien et du mal. Le serpent l’a dit, je crois, croquer est le secret pour être aussi puissant que Dieu. […] Oui, je devrai devenir Dieu si je le renie, je serai perdue sinon. « Dieu est mort, alors vive Dieu ! ». Peut-être est-ce chrétien en un sens ? Par sa mort, le Christ ne nous a pas abandonnés. Des langues de feu sont tombées sur la foule et les apôtres furent envoyés prêcher un message… Non, là, ça ne colle plus, il y a hiérarchie, des émissaires du maître.

Ça m’angoisse. Suis-je assez forte pour assumer pleinement un reniement ? La plupart des gens s’en foutent. Ça m’importe. J’ai confirmé mon baptême dans la foi catholique, et fait profession de cette foi. Comme un con de mouton, j’ai peur du bâton. Hé, mais je sais bien que ce ne sont que des inventions ! Limbes des enfants, purgatoire, XIIIème siècle, réponse à la profonde angoisse eschatologique. On vit dans la crainte à cause de cette connerie, on nous tient. Le fruit de la connaissance, oui, le fruit de la connaissance ! Vivent les pommes ! « Une pomme par jour éloigne le médecin. » Il faut ainsi cultiver sa connaissance. Je suis heureuse de vivre dans un pays et à une époque où c’est possible. Même si de moins en moins de gens comprennent et s’en remettent à des pseudos-connaissances aseptisées : nom du gagnant de la Star Ac’, année de son dépucelage et nom de son chien. Moi, je suis presque incollable sur Disney (du moins, j’étais, j’ai peut-être oublié) ! Et je sais un tas de trucs sur les Pokémon ! Oui, je fais partie de ces moutons dopés à la culture de masse, mais ainsi est le monde actuel. Revenons-en à l’Enfer…Ca soulage de savoir qu’il n’existe pas, pas plus que le Paradis. L’Enfer, ça peut être ici. Le Paradis aussi. Alors, vivons bien, libres de tout reproche, de tout remords, de toute honte face à notre morale.

« L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. » Hugo. Nul ne peut se cacher à soi-même nous sommes nos propres dieux, juges de notre morale, bourreaux et accusés. Alors maîtrisons-nous, maîtrisons la bête qui est en nous.

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