Mois : août 2009

La philosophie du solitaire

Quand le solitaire s’imagine, on le voit penser, on le voit rêver : le solitaire est hors du monde, il ne vit pas. Il pense. Il pense à ce qu’il observe, il pense le monde. Reclus dans un coin, il voit ce qu’il n’est pas et qu’il aurait pu être.

Le solitaire est un jeu, un jeu fait de hasard et de réflexions, d’essais, de tâtonnements. D’échecs et de réussites. Sans être le monde, le solitaire le reflète, il le contient, il l’a en tête, et de ses yeux en écran réfléchit ce qu’il est.

Mais le solitaire est vide. Riche de ce à quoi il ressemble, il n’est rien. Une perte de temps, tout au plus. Un être qui perd son temps à ne pas être. Une vanité comme un miroir, doté d’un crâne à réfléchir. D’être ou ne pas être, le solitaire devrait être cependant. Sans quoi le monde serait sans forme. Le solitaire doit n’être plus pour commencer à vivre.

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