Mois : octobre 2009

Les os de la Tamise

Thames River fluctue comme un serpent, le dos caressé de Soleil, de nuages ou de pluie ronronnant en vaguelettes dont les couleurs évoluent en reflétant le ciel. Sous ses reflets, la Tamise est opaque, boueux bourbier comme un nuage dans une tasse ; le lait du Smog d’il y a cent ans s’y retrouve encore, malgré l’eau sous les ponts et la lumière dans les yeux de Londres.

Londres a son ombre dans les eaux, souterraines comme autant de squelettes, ondulant sur la note discordante d’un instrument cassé : elle respire les morts qu’elle emporte, et l’on retrouve dans leurs regards vitreux l’opacité qu’elle projette à nos yeux.

Le Styx a un vieil air de choléra, et l’odeur d’autant de pestes s’y souvient. La fumée des incendies s’y jette, et les poisons y nagent et se mêlent en foule compacte et silencieuse : véhicules des souvenirs embouteillés, ils coulent maintenant sans cesse…

Londres se barre de nuit dans la rivière et par-dessous la ville, la mort appelle et se souvient…