Mois : février 2011

Lipstick

Lipstick

Rouge crime, une goule. On la clouera, la criminelle, les bras en croix, jusqu’à ce qu’elle s’étire comme un sourire, on la percera de mille aiguilles jusqu’à ce qu’elle ne montre plus les dents.

Je me hais quand je suis boule.

Image de : x
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Un livre de visages

Ca commence à faire un bon petit bonhomme de temps que je voulais me consacrer à un tel article. Ben, après deux longs mois d’attente, lecteur assidu, et comme j’en ai déjà pondu un hier-c’est-parti-mon-kiki, la Drey elle est trop tip top on fire sur son clavier, telle une geek aux yeux explosés par l’écran et les heures passées dessus (un jour, je finirai myope).

Un livre de visages

Face-book stalker ninja à lunettes

Le heures passées sur l’écran, c’est bien là le fond du fond du problème. A la base, cet article devait s’intituler « Pourquoi j’ai quitté facebook », mais étant revenue lâchement dessus moins d’un mois après, je pense qu’un tel titre serait quelque peu inadéquat. Le sujet reste néanmoins le même, en résumé : wtf with fb? Ben je vais vous le dire wtf : un truc qui regroupe les fonctions de blog, de messenger, d’agenda, voire de machine à sms, le tout en moins pratique et en plus moche, évidemment, ça ne pouvait qu’avoir du succès et être addictif.
Face à mon addiction, j’ai déjà entendu des conseils du genre « ah oui, suffit d’arrêter les applications, ça prend un temps fou ces trucs ». Sauf que ça devait bien faire un an que j’avais arrêté les applications à la con… Parce que, oui, j’oubliais : facebook, ça peut aussi servir à jouer aux Sims, en moins bien et en plus moche. Passons. Les Sims, les vrais, j’ai dû arrêter en première. A quoi bon réussir dans un simulateur de vie quand on peut utiliser le temps du jeu pour réussir sa vraie vie ? Là n’est pas le sujet. Je pars en digression depuis que j’ai décidé que les plans pouvaient aller se faire foutre. Traumatisme de prépa. Puis Diderot (traumatisme de prépa) aussi il part en digression, et Diderot, c’est un mec cool (pas comme Rousseau), alors si ça vous emmerde, allez vous faire foutre aussi (quelle vulgarité, jeune fille ! c’est comme ça que t’ont éduquée tes parents ? (non, mais je suis sure qu’ils seraient contents de me voir faire des références littéraires sur internet…)).
Un nouveau paragraphe s’impose, je crois. Il paraît qu’il faut a-é-rer ses copi… textes pour que le pro… lecteur ne s’y perde pas. J’en étais à dire que facebook, c’était pas beau. Franchement un fond blanc avec un logo bleu moche, où qu’on aille, moi ça me fatigue. D’ailleurs pour rédiger des articles sur skyblog et wordpress, on se tape des interfaces à dominantes blanches et bleues. Et là, la Drey est blasée.

Un livre de visages

Facebook, c’est ce qui permet de répertorier un peu tous tes potes de façon formalisée. Quelle personnalisation sur facebook ? Les photos de profil, les statuts, les « like » plus débiles les uns que les autres (« j’aime rester sous la couette le matin » (sans déc ? moi aussi ! on est jumelles de cerveau hihihi)) et… Et voilà. Des animaux sur des tables de dissection, le ventre ouvert sur un fond tout blanc, tout lumineux, tout uniforme, comme un joli plateau servi au stalker affamé (miam miam miam, dit la Drey).
Facebook, c’est une façon de s’affirmer quand on n’a pas d’imagination. « Regardez, je suis un individu, je mange une pomme ! » « Wooot je fais des photos avec mes amis, regardez, j’ai une vie sociale ! » (je précise à tout hasard que je fais ici partiellement une auto-critique) et le tout de façon très simple et contrôlée : rien à mettre en page, rien à montrer de soi sinon sa face. Et tout est tellement facile. On supprime l’effort que demande d’aller vers l’autre pour lui demander des nouvelles en s’asseyant passivement dans son fauteuil et en laissant les nouvelles des uns et des autres nous arriver toutes cuites et pré-mâchées devant les yeux. Et de temps en temps, quand on daigne le faire, on tape mollement deux ou trois choses sur un clavier pour dire « moi aussi, j’existe ».
Oui, je sais, c’est grave et ce n’est pas le cas de tout le monde. Si je l’ai quitté, ce n’est pas pour rien. Je voulais juste retrouver des relations sociales saines, débarrassées de la vitrine goût morgue qui faisait de moi et des gens que j’aime des individus pré-mâchés, digérés, décomposés et exposés. Ce n’est pas une vie. Et quand on se met à y passer tant de temps qu’on le confond avec la vie, on angoisse. J’ai quitté facebook parce que j’en étais au bord des larmes, et j’en angoissais encore une fois partie : il allait falloir que je ré-apprenne la vie sans ça.

Un livre de visages

Je n’ai pas eu le temps. Le problème du réseau, de la toile, c’est que pour peu qu’on soit attaché à des gens qui y sont, on se laisse attraper, et voilà monsieur chronophage qui sourit de ses dents pointues, prêt à bouffer le quidam de l’intérieur. Et, passif, on attend la bouche en cœur le commentaire qui conforte dans sa propre acceptation par autrui, un appas tout au bout duquel l’hameçon te dit « tu perds ton temps ».
Métaphores à part, je pensais que partir à l’étranger serait l’occasion pour moi de repartir sur de nouvelles bases, sans ça. Malheureusement, quand toutes les nouvelles têtes rencontrées organisent leurs sorties sur facebook, te demandent si tu as facebook, te supplient de revenir sur facebook en poussant des cris hystériques pendant qu’ils arrachent tes vêtements (la moitié de ce que je viens de dire est fictif, sauras-tu retrouver quelle moitié ?), tu n’as plus trop le choix.
Donc, et paradoxalement pour ne pas passer pour l’asocial de service, l’individu désireux de relations sociales saines se voit contraint de revenir sur facebook. Tout d’abord juste pour l’organisation des sorties. Puis pour regarder les photos des gens. Puis pour mettre des commentaires à la con. Puis pour mettre des photos de soi et raconter un peu de sa vie. Puis pour carrément stalker. Puis merde, au bout de 5 heures, on réalise qu’on est toujours accro. Site de merde. Site de merde. Site de merde. (oui, dire les choses trois fois, ça éloigne le mauvais sort, paraît).

Un livre de visages

Ça m’attriste que ça devienne un outil indispensable à la vie en société actuelle. Comme toutes les nouvelles inventions du genre, celles dont on se passait parfaitement avant, et qui transforment tellement le quotidien que l’on n’imagine pas vivre sans. Certaines personnes y arrivent, cela dit. Les autres virent feignasses accros dès qu’elles l’ont. J’en suis. On nous embrigade comme des moutons et on finit avec un comportement uniforme, à gérer ses potes sur un site moche.

Facebook addict and hating it.

Illustrations : moi-même et c’est honteux, cette demoiselle, Goya et un anonyme

Fée, fantôme ou sorcière

 Fée, fantôme ou sorcière

Banshee, that’s what I am. Banshee, Bacchante, all the same : fée, fantôme ou sorcière, qui donc cela importe ? Celle qui crie, celle qui écrit, celle qui danse et celle qui tombe, celle qui s’y lance ou qui reste – silence – logorrhée enthousiaste, celle qui parle et parle et ne se tait qu’à la fin, à la bile de son stylo à bille quand il en finit d’écrire et vomir.Se faire un sang d’encre pour de faux : c’est des pixels, c’est des pixels, ce n’est plus elle, ne plus faire corps,

ne plus faire corps et

accrocher

à la toile un bout de sa folie.

-s’arracher-

From me to Him, with love

Des frissons. Ça entre par les oreilles, puis ça se prend par les bras, les avant-bras, les épaules… Ca prend les côtes, les seins, ça serre le ventre, ça remonte jusqu’à la colonne vertébrale. Puis ça descend… Jusqu’aux cuisses, aux pieds… Parce que la petite mort n’est pas un sommeil.

Certes, j’ai grandi avec ça, Indo, c’est eux qui m’ont éduquée… That’s the way I love. Je t’en enverrais, des chansons, des chansons, de ces moments où les émotions se suspendent à des notes pour retenir les souffles et les pensées. Là je t’envoie des rêves d’ado, c’est peut-être pas les plus jolies pierres, celles taillées dans la dentelle et qui font les apsides, non, c’est la fondation, et si tout s’effondre, j’y reviens toujours. Je suis un temple polythéiste, et là, jusqu’à la prochaine révolution, qu’elle vienne ou qu’elle ne vienne pas, qui sait, c’est vers toi que se tournent mes oraisons.

La nuit est propice aux dérives, c’est l’heure où les araignées montent au cerveau et viennent tisser leurs toiles de rien, de mots, de petites œuvres insignifiantes, et je m’y laisse prendre telle une mouche, au jeu, t’sais, t’sais, le sommeil… Il viendra bien, un jour, demain, il peut attendre… Les mots sont comme des mouches qui viennent et s’envolent, il faut tisser des lettres pour saisir les instants, rattraper les mots au vol, t’en faire présent tant qu’ils ne sont pas passés, parce qu’ils sont trop rares pour qu’on les néglige.

Je ne suis pas folle. Parfois j’en ai peur, quand les mots sont plus musique et jeu que sens, on les attrape et on les accumule, comme un enfant des perles, on fait des ornements naïfs, et on finira comme Artaud, à vociférer de l’inhumain dans un asile.

Et sur le non-sens s’achève le silence : clos sur lui-même peut-être, comme une bulle de papier froissé qu’on lancerait en l’air. Si les mots ne sont rien, elle t’éclatera peut-être au visage, et dans les gouttes, des perles de lettres, un collier d’enfant naïf et une chose à retenir : from me to you, with love.

From me to him, with love