Catégorie : Vers

Nuits sans sommeil

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Concert Xeno&Oaklander, Leipzig 2016

Nuits sans sommeil aux partages de solitudes,
Je vous salue
Du plus bas de mes yeux creusés,
D’aussi loin que se souviennent nos turpitudes,
Et vous envoie,
Jetés en l’air, quelques baisers.
Solitudes plurielles, belles âmes perdues,
Je vous retrouve
Et vous emboîte quelques pas
De danses enivrées, sans contrôle, éperdues.
Nuits sans sommeil
Aux aubes bien trop silencieuses,
Semblables à ces histoires tant de fois relues,
Je vous revois
Comme une amante délicieuse
Reçoit non sans tendresse ce que tant réprouvent.
Jours sans réveils
Aux yeux embués de cruelles
Absences ; jours inutiles, je ne vous salue pas
Et attends d’autres nuits à danser de plus belle.

Ethel’

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Autopsie

Prenez une boîte crânienne et une scie,
Puis tracez un sillon bien droit et régulier,
Découpez tout avec amour et minutie,
Soulevez enfin le couvercle singulier.
De la fumée, du vide et des vapeurs, beaucoup.
Des cris, des silences et des incompréhensions.
Des fourmillions de mots, des mots jusqu’au cou,
Des chants, même, des chants, des sons et des chansons.
Des pensées rampent sur la langue de ma bouche,
Coulent, sautent et s’envolent, certaines attendent et tissent,
Elles se pendent, assassines, puis elles prennent la mouche,
L’attachent et la placent au creux de mes dents qui crissent.
Un mot : je dis « gère » et ma main écrit des vers :
Ils vous mangeront les yeux, et puis vous aussi,
Quand votre cerveau sera placé à l’envers,
Prendrez votre boîte crânienne et une scie.
Ethel’

Age d’or

J’ai coupé tous mes souvenirs, tous jusqu’à toi.
Aujourd’hui je m’en laisse pousser de nouveaux :
La mémoire s’étendra, à mes pieds s’il le faut,
J’aurai pour habit la caresse de ses soies.
Et ta chaleur… dont la mémoire se nourrit,
Je la prendrai sur moi, j’en ferai mon parfum.
L’avenir peut bien aller encore et sans fin
Mais moi, je n’ai que toi en tête, et je souris.

je t’aime je t’aime je t’aime Etheldrède

[Oui, on se sent niaise comme une ado à proférer des insanités pareilles ; on a souvent dit « jamais » à du « quelques fois » et on oublie les « peut-être » avant les « toujours ». J’ai un cœur qui saigne parfois dans la plume et le cerveau déconnecte. Je fais un souhait que je lance à l’univers : continuer d’être heureuse, heureuse avec lui, et lui avec, autant que possible. Parce qu’il m’apaise, me rassure, me fait rire et vivre et que le plus grand des hasards m’a fait terminer un tome de mon existence dans l’été 2010. J’ai fermé la lourde couverture de mes passions adolescentes sur son nom, et les pages vierges de mon existence en sont depuis couvertes. Mes cheveux poussent à nouveau.]
Photo : Calle Rincón del Caballo Blanco à Pampelune, Lui.

S.A.D.

Je me déglingue dans mon âme et dans mon corps,
Seules ses pensées m’apportent du réconfort ;
Du reste, je suis SAD, SAD en hiver,
La vie est fade, fade à se foutre en l’air.
Non. Non, ça ne sort pas de nulle-part,
C’est juste con, très con, et revanchard.

Je suis SAD, SAD à en mourir,
Je m’en évade par le rêve,
M’enferme dans les souvenirs,
Et chaque année, aucune trêve.

Je suis SAD
Comme une rengaine,
Je suis SAD
Again and again.

Etheldrède

[Je sais, c’est de la merde. Je ne sais plus écrire, « j’ai perdu ma plume », comme dirait l’autre, l’ancien moi. Enfin, j’écris, c’est quelque chose… Il n’y a pas plus nul que le rien. Je suis au-dessus de la nullité, joie et allégresse ! Oui, oui, je demanderai une lampe de luminothérapie pour Noël, juré…]

Rengaine

Rengaine

Le temps est un amant qui fait des va sans vien,
Une caresse jamais faite que de rien,
Et s’il nous vient un jour de caresser l’espoir
De le capturer enfin, et d’enfin l’avoir,
Alors le désir ne s’en fait que plus intense,
Le temps fait des va, nous fait la nique, et puis danse.
Tic-tac-tic-tac mon amour binaire s’enfuit,
Je regarde au passé et vois nos traces au sol,
Là, si dorées qu’on ne croirait les avoir faites,
Et pourtant… Que ne ferait-on donc pas pour lui ?
Courir, toujours courir, autant que lui racole,
Et mourir, toujours, mourir d’envie qu’il s’arrête.
Etheldrède