Catégorie : Love and Stuff

Nuits sans sommeil

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Concert Xeno&Oaklander, Leipzig 2016

Nuits sans sommeil aux partages de solitudes,
Je vous salue
Du plus bas de mes yeux creusés,
D’aussi loin que se souviennent nos turpitudes,
Et vous envoie,
Jetés en l’air, quelques baisers.
Solitudes plurielles, belles âmes perdues,
Je vous retrouve
Et vous emboîte quelques pas
De danses enivrées, sans contrôle, éperdues.
Nuits sans sommeil
Aux aubes bien trop silencieuses,
Semblables à ces histoires tant de fois relues,
Je vous revois
Comme une amante délicieuse
Reçoit non sans tendresse ce que tant réprouvent.
Jours sans réveils
Aux yeux embués de cruelles
Absences ; jours inutiles, je ne vous salue pas
Et attends d’autres nuits à danser de plus belle.

Ethel’

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Je suis rentrée d’Indochine hier matin, et j’en reviens toujours pas

J’ai une confession à faire. Mes pairs, pardonnez-moi car j’ai péché. Quoique je dise, quoique je pense, l’histoire est toujours la même : j’ai beau les vomir certains jours, je vis une relation passionnelle avec le groupe Indochine.

Ca y est, vous avez fini de rire derrière votre écran, c’est bon ? Oui, j’ai 23 ans. So what ? Nicola Sirkis il en a trente de plus et il se prend toujours pour une fille de quinze…

Tout a commencé… Non, tout a vraiment commencé en 2002. Mais ce n’est pas la question. Tout a commencé avec les teasers que ces saligauds ont faits du prochain album.

Voilà. Il ne m’en fallait pas plus pour être totalement gaga. Ce sample, c’est un peu tout ce que j’aime chez Indochine, cette atmosphère inimitable, à la fois fraiche, poétique, légère, et teintée de la nostalgie d’un Orient fantasmé. Sans rire, il m’a suffi cette vidéo pour que je saute partout en poussant des petits cris hystériques. Non, je n’ai pas eu une poussée d’acné en même temps, pourquoi ?

Et puis Sa Sainteté Youtube a diffusé le premier morceau aka Memoria. Quelques notes d’orgue électronique. Jusque là, tout va bien. Et puis, la voix sur-mixée de Nicola arrive : « J’arriiiiiiiiiiiiiiiive […] ». Là, ma tête a explosé. C’est… FAUX ! Il chante faux, faux, faux, ça fait mal aux oreilles, ça donne envie de lui répondre que non, en fait il peut rester où il est. Je vous laisse juger par vous-même :

En laissant le morceau tourner, parce que oui, je suis végé, féministe, trVevild4rk666, fan d’Indochine ET masochiste, je découvre avec affliction les paroles. Celles-ci m’évoquent en effet une des choses les plus nauséabondes qui soient : le premier amour, celui qu’on a envie de laisser loin derrière soi, qu’on méprise profondément, dont on a arraché la page, et qui a terminé au fond d’une fosse septique. Revenir, recommencer, se souvenir, pardonner, oublier, un jour, près de toi, vieillir, je ferai tout pour… Mais.quelle.horreur. Vade retro. Loin. Hors de ma vue. Shhh, shhh. Vilain. Pas beau. Bref, je crois que vous avez saisi l’idée.

Pour moi ce morceau était un hymne au passé, une incitation à toutes les fans de 12 ans (et plus) de s’accrocher à Kévin, qui leur a brisé le cœur et qui va revenir tout penaud pour toujours, comme Nicola Sirkis il a dit. Du haut de mon grand âge et de mon psyché de femme mature, je rejette fort et loin un tel discours qui tend à empêcher des jeunes femmes de s’épanouir en les attachant à des relations destructrices et sans avenir. Il se trouve en fait que j’étais à côté de la plaque.

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Comme toujours avec Indochine, les histoires commencent par une déception, un rejet total. Ça s’est passé comme ça, en 2002. Il m’a fallu un an pour m’y faire. Puis ça a recommencé avec Alice et June, l’album où Indochine a compris qui était son public et a joué à fond la carte du « je suis un ado mal dans ma peau ». Ensuite, il y a eu la sortie de Little Dolls, l’incompréhension, puis l’adhérence totale : La République des Météors, c’était ma vie en khâgne – pas hyper folichonne, mais soit. Je continue quand même à tiquer sur des paroles du genre « le métal en Lorraine, le sexe à la pelle », parce que , j’avoue, je ne vois pas le rapport, mais bon si ça leur fait plaisir…

Et voilà, ça recommence avec Memoria : je me suis réveillée un beau matin avec le refrain dans la tête, l’envie de l’écouter. Encore. Encore. Encore. Ces mecs foutent un truc dans leurs morceaux. Ils t’attrapent à l’adolescence, tu abuses honteusement de leur substance, et puis tu as beau t’en défaire, ils se rappellent à toi, indéfiniment. Indochine, ça fait partie de moi. Indochine, c’est un peu comme avoir un cousin qui fait du tuning : on a beau vouloir l’oublier, on fait quand même partie de la même famille, et au fond, tout au fond, on l’aime bien (mes cousins et cousines sont des gens très respectables).

Indochine et moi, c’est 5 lives, 4 t-shirts, 4 posters, 3 DVDs, 17 CDs et plus de 10 ans de vie commune. Certes, ce sont de bons businessmen, preuve en est la liste qui précède, mais quelque part, ils sont touchants. Indochine, c’est l’éternelle adolescence, celle qui nous a construits tels que nous sommes, celle qu’on a rêvé, celle qu’on rêve encore avec nostalgie.

Et Memoria dans tout ça ? Memoria, ce n’est pas une chanson d’amour. Je l’ai compris en la fredonnant, en me souvenant ce que c’était qu’Indochine. Memoria, c’est le discours d’un homme qui a perdu son double il y a plus de 10 ans. C’est une lettre à un frère mort, un jumeau, c’est un hommage à Stéphane Sirkis. Et là, ça me touche. Memoria, c’est une histoire personnelle qui nous touche tous. On a tous vécu des deuils, on en vivra tous. Comme l’adolescence et la sexualité qu’ils ont surexploités, ils traitent ici d’un des thèmes qui fait la condition humaine. Ce qui était faux, faux, faux, devient sincère. J’adore ce morceau.

Indochine, ce sont mes éternelles bitter sweet symphonies, une relation d’amour-haine qui n’est décidément pas prête de se terminer. Non, ce n’est pas sans honte. Au fond, qui n’a pas honte de son adolescence ?

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Age d’or

J’ai coupé tous mes souvenirs, tous jusqu’à toi.
Aujourd’hui je m’en laisse pousser de nouveaux :
La mémoire s’étendra, à mes pieds s’il le faut,
J’aurai pour habit la caresse de ses soies.
Et ta chaleur… dont la mémoire se nourrit,
Je la prendrai sur moi, j’en ferai mon parfum.
L’avenir peut bien aller encore et sans fin
Mais moi, je n’ai que toi en tête, et je souris.

je t’aime je t’aime je t’aime Etheldrède

[Oui, on se sent niaise comme une ado à proférer des insanités pareilles ; on a souvent dit « jamais » à du « quelques fois » et on oublie les « peut-être » avant les « toujours ». J’ai un cœur qui saigne parfois dans la plume et le cerveau déconnecte. Je fais un souhait que je lance à l’univers : continuer d’être heureuse, heureuse avec lui, et lui avec, autant que possible. Parce qu’il m’apaise, me rassure, me fait rire et vivre et que le plus grand des hasards m’a fait terminer un tome de mon existence dans l’été 2010. J’ai fermé la lourde couverture de mes passions adolescentes sur son nom, et les pages vierges de mon existence en sont depuis couvertes. Mes cheveux poussent à nouveau.]
Photo : Calle Rincón del Caballo Blanco à Pampelune, Lui.

S.A.D.

Je me déglingue dans mon âme et dans mon corps,
Seules ses pensées m’apportent du réconfort ;
Du reste, je suis SAD, SAD en hiver,
La vie est fade, fade à se foutre en l’air.
Non. Non, ça ne sort pas de nulle-part,
C’est juste con, très con, et revanchard.

Je suis SAD, SAD à en mourir,
Je m’en évade par le rêve,
M’enferme dans les souvenirs,
Et chaque année, aucune trêve.

Je suis SAD
Comme une rengaine,
Je suis SAD
Again and again.

Etheldrède

[Je sais, c’est de la merde. Je ne sais plus écrire, « j’ai perdu ma plume », comme dirait l’autre, l’ancien moi. Enfin, j’écris, c’est quelque chose… Il n’y a pas plus nul que le rien. Je suis au-dessus de la nullité, joie et allégresse ! Oui, oui, je demanderai une lampe de luminothérapie pour Noël, juré…]

Hoy, me he enamorado

Hoy, me he enamorado

Tengo miedo de perder mis palabras, mis palabras tan preciosistas estas palabras que se encadenan solas en mi cabeza, como por milagro: pienso en español, y lo siento por los non-hispanohablantes, pero esas palabras son españolas.

Hoy es un día especial. No ha pasado nada muy importante en el mundo, o quizás sí, pero no será algo que me preocupa tanto. Hoy, me he enamorado. Y todo me parece claro, claro, claro, como las dientes detrás de una sonrisa, claro como el viento está fresco esta noche en Navarra. Un milagro, eso es. El milagro del tiempo pasado en un lugar determinado, una inmersión hasta que mis pulmones sean llenos… Llenos de aire español.

¿Qué pasó? Nada, o casi nada. Es que tengo que enamorarme para entender. He sido siempre enamorada de lo británico. No puedo decir qué exactamente en lo británico, el amor es algo irracional.
Para lo alemán, me enamoré de repente. Era en un tren de noche durante el verano de 2008. Ella se llamaba Dorothé, y su dirección de correo electrónico está perdida no sé dónde desde el día después. Hablaba con palabras mágicas. Era la primera persona que encontré que no mostró sorpresa cuando habló de Bauhaus, Siouxsie and the Banshees y Clan of Xymox. Les conocía todos, pero no les gustaba tanto. Ella hablaba otro idioma. Wim Wenders, Heiner Müller y Einstürzende Neubauten. Así empezó una pasión irrevocable, una pasión por el alemán, aunque no sé muy bien el idioma por el momento. No tardará.
¿Y hoy? Hoy… Acabo con años de odio, años sin entender, años de falsas ideas. Y eso que mi abuela, mi querida abuela se llamaba Plaza. Y eso que he amado a casi-españoles. Lo tengo en mi sangre y me lo negaba. No era bastante exótico para yo, quizá. Hizo esfuerzos, mejoró mi español, pero seguía sin entender, no era lo mío todavía y tenía que hacer más esfuerzos, más esfuerzos, más esfuerzos.

Amar es algo irracional, y él, guitarrista, tenía razón, totalmente razón. Un país, un lugar, se puede entender por su música sola, la manera como se toca, la manera como se entiende, la manera como se baila. Música, baila y canto, emociones puras e inteligencia del cuerpo. Música, baila y letra, eso es el flamenco. El lenguaje non-dicho que comunica más que todo lo que se puede decir. Más que lo racional. Sólo era una conferencia, con una bailadora, una cantante y un guitarrista, demostraciones y explicaciones. Me he quedado pasmosa, casi llorando de emoción y con el corazón en la boca. Parece muy tópico. Como enamorarse de Francia al comiendo una baguette, o sacar una foto de Big Ben en Inglaterra. Pues, me he enamorado de España por el flamenco, y ni siquiera estaba en Andalucía, sino en Navarra. Como si alguien comiera un cassoulet en Normandie.

¿Y ahora? Ahora, me espera un libro por Carlos Ruis Zafón cerca de mi cama. Ahora, estoy escuchando un tango flamenco. Ahora, estoy en España, y sólo falta una semana para que esté en Andalucía.

Estoy segura de que he hecho errores de gramática enormes, eso debe morir, y morirá.

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From me to Him, with love

Des frissons. Ça entre par les oreilles, puis ça se prend par les bras, les avant-bras, les épaules… Ca prend les côtes, les seins, ça serre le ventre, ça remonte jusqu’à la colonne vertébrale. Puis ça descend… Jusqu’aux cuisses, aux pieds… Parce que la petite mort n’est pas un sommeil.

Certes, j’ai grandi avec ça, Indo, c’est eux qui m’ont éduquée… That’s the way I love. Je t’en enverrais, des chansons, des chansons, de ces moments où les émotions se suspendent à des notes pour retenir les souffles et les pensées. Là je t’envoie des rêves d’ado, c’est peut-être pas les plus jolies pierres, celles taillées dans la dentelle et qui font les apsides, non, c’est la fondation, et si tout s’effondre, j’y reviens toujours. Je suis un temple polythéiste, et là, jusqu’à la prochaine révolution, qu’elle vienne ou qu’elle ne vienne pas, qui sait, c’est vers toi que se tournent mes oraisons.

La nuit est propice aux dérives, c’est l’heure où les araignées montent au cerveau et viennent tisser leurs toiles de rien, de mots, de petites œuvres insignifiantes, et je m’y laisse prendre telle une mouche, au jeu, t’sais, t’sais, le sommeil… Il viendra bien, un jour, demain, il peut attendre… Les mots sont comme des mouches qui viennent et s’envolent, il faut tisser des lettres pour saisir les instants, rattraper les mots au vol, t’en faire présent tant qu’ils ne sont pas passés, parce qu’ils sont trop rares pour qu’on les néglige.

Je ne suis pas folle. Parfois j’en ai peur, quand les mots sont plus musique et jeu que sens, on les attrape et on les accumule, comme un enfant des perles, on fait des ornements naïfs, et on finira comme Artaud, à vociférer de l’inhumain dans un asile.

Et sur le non-sens s’achève le silence : clos sur lui-même peut-être, comme une bulle de papier froissé qu’on lancerait en l’air. Si les mots ne sont rien, elle t’éclatera peut-être au visage, et dans les gouttes, des perles de lettres, un collier d’enfant naïf et une chose à retenir : from me to you, with love.

From me to him, with love

Here I go

I cannot sleep. I can definitely not sleep. How could I ? My heart is throbbing so hard, so quickly, and I keep thinking, thinking, thinking… My hands are trembling on the keyboard, I just want to laugh and cry at the same time. Now my legs are trembling too, I am precisely at a key moment of my existence. I am writing these words because I do not want to forget them, because I want you to read them, I want you to know how the world can be huge and so tiny at the same time, how time can stretch and shrink so easily… Here it is, I am crying, actually crying. London is that place in which everything is gathered : all the world, all the best of the world – its cultural wealth, its openness ; all the kindness, the smartness, the knowledge of the people of the world is right here. I am trying to make a list of all the nationalities of the people I have met here, with whom I had a really good time, has it been short or long… People from every continents, every parts of the globe… English, of course, but also American, Chilean, Mexican, Brazilian, Portuguese, Spanish, Italian, German, Scottish, Irish, Australian, Iranian, Korean, Chinese, French, Russian, so many others…. People of many origins, of many ages, many cultural backgrounds… These are the real treasures of the Planet. Not oil, gold or diamonds : people.

All my apologies to the Erasmus French besides : I may have become distant with you after a while, maybe I would not have lived this international London as much as I did if I had not done so. Or maybe I did not live that much… At least I evolved a lot. The girl who is now going back to her microscopic universe in her microscopic part of Southern France is definitely not the same who left home, nine months earlier. Now the world is home too. Of course, I am linked to this land in which I was born and raised. Of course, the smell of the soil in Carcassonne, the sight of the vineyards of Aude, the feeling of the warm stones of la Cité are deeply anchored in my self and this is what I may always call « home ». But now I know that there is this other place on Earth which is a link to all the other places and its name is London. And London has been home for me.

I only realise it now… What I lived this year is the most decisive experience in my life. I am not an adult though, being an adult sounds like a full stop in one’s evolution. But I have grown up, this is sure. Life is in front of me, as close and uncertain as it has never been. I have failed in many points, but this is just the kick my bottom needed to go ahead. I feel richer, I am richer than all these people who are succeeding in other ways I miss. I am rich of everything I shared with you all… And I thank you all for everything.

This place is about to become remote. What is easy to reach now is about to become rare. This present time and the time spent with you is going to become memories.

I am just an incorrigible nostalgic.

And I really look forward to seeing back again as many of you as possible.

Holly Crap, I love you, people of London.

(Sorry for my English, I may have done some mistakes… Now I am going to sleep – or try – I have a sea and a country to cross today.)

Picture : A wall in Brick Lane