Catégorie : Girl Power

Toutes à poil !

Chers lecteurs,

Après vous avoir lâchement abandonnés plusieurs mois sans articles (comme à mon habitude), une forte envie me vient de vous parler d’un sujet qui me taraude un peu depuis quelques temps : la pilosité féminine.

Comme face à un sujet pareil, mon cerveau malade tourne à plein régime, je vais lister tous les jeux de mots possibles avec les poils afin de vous les épargner dans la suite de l’article :

–          Avoir un poil dans la main

–          Femme à poil

–          Reprendre du poil de la bête

–          Aller au poil

–          Poil aux dents

–          Un article poilant

–          Poil à gratter

–          Caresser dans le sens du poil

–          Hérisser le poil

–          Être de mauvais poil

–          Poil antiadhés… ah non, pas ça, pardon…

Voilà voilà, il me semble que c’est à peu près tout.

Implied-Facepalm

Revenons donc à nos moutons avec une annonce choc : je suis en pleine phase expérimentale de grève de l’épilateur électrique. Je laisse la nature reprendre ses droits, en somme. Mais j’ai quand même du mal à l’assumer complètement.

Déjà, comme nous arrivons à la saison froide, le port de jupe sans collants et de débardeur est difficilement envisageable, et quand bien même l’occasion de montrer ma pilosité en public se présenterait (cours de danse, salle de classe surchauffée incitant à laisser tomber sa dernière épaisseur de pull, etc), j’opte pour le bon vieux t-shirt à manches ou décide de crever de chaud.

Cette réticence alors que j’ai décidé d’envoyer paître les normes sociales qui imposent aux femmes un corps glabre sous peine d’être taxées de guenons (marche aussi quand on est noire et qu’on a le malheur de mener une politique qui ne plait pas aux fachos), d’être vues comme négligées, sales, masculines, voire, horreur ultime : comme des féministes acharnées, me pousse à m’interroger.

En effet, quand bien même je n’hésite pas à m’impliquer personnellement pour la défense de mes valeurs (cf véganisme, tout ça tout ça),  ou à avoir une apparence plus ou moins hors-normes (cf tatouage, piercings, cheveux verts, cheveux rasés, tout ça tout ça), il est assez éloquent que j’hésite à me promener poil au vent (poil aux dents (oui, je sais que j’avais dit que, mais voilà)) en public.

Quitte à dire des banalités aussi grosses que moi : il n’y a rien de plus naturel et sain qu’une femme poilue. Les poils servent de rempart aux poussières, aux bactéries, permettent de protéger la peau des frottements et poussent par définition au moment de la puberté chez tout le monde. Mais dès tout petits, nous avons tous été habitués à voir les femmes lisses et les hommes poilus ; il nous semble donc naturel que les femmes s’épilent, même si c’est douloureux, chronophage, contraignant, parfois cher, et parfois encore antihygiénique (n’oublions pas que les poils pubiens protègent les « parties » des infections).

Etude de nu par Egon Schiele
Etude de nu (poilu) par Egon Schiele

Ainsi nous nous plions toutes ou presque à des rituels d’épilation qui, quelle que soit le technique employée (crème dépilatoire, rasoir, cire chaude, cire froide, épilateur électrique, galet dépilatoire, caramel, fil, laser) ne relève pas d’une partie de plaisir. Le rasoir coupe, la crème irrite, la cire et l’épilateur arrachent, le laser brûle et le galet est abrasif. A croire que nous sommes intrinsèquement masochistes.

Vous me répondrez que les poils démangent ou sont rêches au toucher. A cela je répondrai d’attendre la fin de la repousse : il n’y a pas de raison que les poils des jambes soient une fois longs plus drus que ceux des bras, qui ne dérangent pourtant personne – sauf en cas de rasage répété. Et honnêtement, ça vous importe que votre homme (j’allais ajouter frère/père pour les filles qui préfèrent les filles et les célibattantes, mais on caresse assez rarement les mollets de personnes de sa famille ; enfin chacun ses pratiques après…) ait le mollet doux et soyeux ? Non ? Pourquoi exiger la même chose de vous-même ?

Merveilleuse Amanda Palmer :')
Merveilleuse Amanda Palmer :’)

Vous me répondrez que c’est moche. Et c’est là que le bât blesse. Moi-même, je ne trouve pas ça joli-joli. Comme le poil est culturel, je pense que la solution est d’éduquer son propre regard et, in fine, d’éduquer celui des autres. Mais c’est dur. C’est dur, dans un premier temps de s’assumer, et dans un second temps d’assumer les regards, voire les remarques.

Pour illustrer ce propos, je vais vous parler de deux exemples personnels. Pour le premier, j’ai 9 ans, je suis en CM1 et ai manifestement une pilosité un peu précoce de laquelle je ne me suis jamais franchement préoccupée. Des camarades de classe me font remarquer la chose de façon peu nuancée, comme les enfants savent si bien le faire (love forever, sales merdeux). Résultat, je demande à ma mère de me faire épiler ; mes frères me signalent que pour eux, c’était trop la classe, ça voulait dire qu’ils étaient devenus des hommes ; ma mère me dit que c’est rien du tout, que c’est du duvet, que je suis blonde, et que de toutes façons même des stars comme Julia Roberts assument leurs poils. Sauf que je suis une fille et qu’une cour d’école est plus cruelle que les tabloïds ; le tout a fini chez l’esthéticienne avec le désespoir de devoir recommencer à vie la séance de torture.

Le second exemple est bien plus récent : lors de ma première année de prépa, il y avait un OVNI-bouc émissaire dans ma classe : une fille avec un look d’enfant, des bermudas, des tongs à l’année et une pilosité naturelle complètement assumée. Je n’ai jamais tellement compris quelles étaient ses motivations  pour être aussi décalée,  si elle souffrait d’un syndrome de Peter Pan ou si elle avait juste envie de dire un gros « allez vous faire foutre » à tout ce que la société peut imposer aux femmes adultes. Dans tous les cas, élite-de-la-Frânce-toussa-toussa ou pas, les remarques fusaient, étaient rarement élogieuses et souvent au ras des pâquerettes. Des poils qui provoquent l’hilarité, le dégoût,  et font fuser les insultes.

Tout cela me mène à penser que l’injonction aux corps imberbes est un des outils de domination masculine les plus violents et pernicieux des sociétés occidentales. De même que l’injonction à la minceur, il rend les corps de femmes dégoûtants, sales, laids. On parle de libération de la sexualité, voire de société hyper-sexualisée, mais où est cette libération quand l’un des partenaires est enfermé dans des carcans pour être désirable, voire acceptable socialement ?

gosling

Laisser pousser mes poils se voulait à l’origine totalement expérimental et anodin, il se trouve que cela relève de la lutte intérieure et peut relever de la lutte extérieure. C’est dire si la norme a été intégrée, généralement et profondément, même parmi les personnes oppressées. J’ignore à vrai dire si je dois lancer un appel à la guerre du poil à tous mes congénères XX pour changer les normes, faire évoluer les regards et libérer de contraintes douloureuses, ou plutôt revenir dans les rangs, charger mon épilateur, et comme un bon petit soldat, attaquer mes jambes dans un bruit si glamour de moissonneuse-batteuse.

Et là, je sens sur moi peser les mots que l’on attribue (il semblerait à tort) à Mahatma Gandhi : Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde, et en voulant rentrer dans le confort de la norme, j’entends d’ici Sartre et Beauvoir m’accuser de mauvaise foi et Gramsci marmonner qu’il hait les indifférents. Parce que je sais. Je sais qu’il faut que les regards évoluent, et je ne peux rien faire d’autre pour cela que porter sur moi les stigmates pileux de la féministe acharnée. De toutes façons, je suis déjà végé-chieuse, je peux bien assumer d’être fémini-guenon, moi qui aime tant les animaux… Qui vivra verra, qui s’y frotte s’y pique (cf poils aux jambes, décalage, humour, drôle) et qui m’aime me suive !

Histoire de faire « genre »

Je constate avec affliction que de nombreux produits destinés à un public féminin ne sont ni pratiques, ni confortables. Exemple : les sacs.

Des années que je fais des essais avortés de sacs à main, sacs à épaule et autres trucs un peu prout-prout pour faire croire que je suis une adulte et pas une ado attardée… Et je reviens toujours à mon fidèle Eastpack édition 2002 qui me donnait l’air super-cool quand j’étais en quatrième. Raison 1 : je fourre tout ce que je veux dedans, raison 2 : il ne me nique pas le dos/le bras/la main quand je le porte longtemps. Mais je sens quand même un décalage entre mon statut de pseudo-adulte et les trucs tro-dark-delamor que j’ai dessinés/cousus dessus début lycée.

Prise d’un élan de conformisme (caca-le-mot), je me mets en quête de gros sac à dos assez sobre qui me permettrait de caser un peu tout ce dont j’ai besoin entre 10h et 19h (cours, PC, pitance, thermos de café, bouteille d’eau…). Bref, un sac classe, confortable et pratique.

Devinez quoi : ce sac n’existe pas dans la section « femme » des maroquiniers ! On en trouve rayon « homme », rayon « jeune et scolaire » avec la mention « parfait pour collège et lycée » (et quand ça fait plus de quatre ans qu’on a le bac, on fait quoi ?), et rayon femme : nada. Personnellement, je ne suis pas du genre à me gêner pour piocher dans les vêtements et accessoires pour homme ou enfant du moment que j’y trouve mon bonheur, mais pour des individus féminins lambda, il y a un message implicite qui a tendance à me titiller quelque peu les nerfs…

Mesdames, mesdemoiselles, soyez belles, soyez classes, ayez des affaires non-pratiques et bousillez-vous la santé, je vous prie.

Histoire de faire "genre"

J’ai pris l’exemple des sacs parce que c’est celui qui m’est venu en premier, mais j’aurais aussi bien pu parler des chaussures, des cheveux, du maquillage, de l’obsession du poids et de l’épilation. Il faut souffrir pour répondre aux normes esthétiques d’aujourd’hui quand on est une femme. Les stéréotypes du genre féminin m’énervent, parce qu’ils sont contraignants, et nécessaires pour être bien considérée comme femme.

J’ai grandi comme une petite fille, avec tout ce que ça implique comme influences de la part de la société qui m’entoure, et j’ai beau me répéter qu’on est tous des êtres humains avant d’être des hommes et des femmes, que je suis un individu à part entière bien avant d’être une femme, rien n’y fait : le féminin continue de me définir avant tout. Parce que pour me plaire à moi-même et pour la reconnaissance sociale, j’ai besoin de ressembler à du féminin – et ça ne passe pas que par les proéminences pectorales et l’appareil reproductif : il y a une manière d’être et de paraître.

Quand j’y pense – et c’est peut-être con, mais je viens juste d’y penser : c’est peut-être aussi en partie parce que je suis hétéro. Pourquoi mettre autant d’accent sur les genres si ce n’est pas pour que l’un se différencie de l’autre et fasse ainsi valoir sa compatibilité sexuelle ? Si on schématise : moi femme, toi homme, nous pouvoir [aller cueillir des fleurs ensemble et courir après des papillons]. Dans les jeux de séduction, on n’est pas seul (c’est un peu le principe, je vous l’accorde), et pour plaire à la plupart des hommes hétéros qui, eux aussi, ont grandi comme des petits garçons dans une société qui leur offre des codes pour correspondre au genre masculin, il faut ressembler à du féminin et correspondre à ses codes comme on peut.
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Conclusion : effectivement, la vie est plus simple avec une b*te.

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[Edit] Une amie m’a fait une réflexion pertinente vis-à-vis de l’article, je tenais à la publier ainsi que sa réponse afin de compléter le propos :

Je suis d’accord avec le fait que pour être femme, il faut correspondre à certains critères. Par contre, je ne suis pas d’accord avec la conclusion. Je ne pense pas que la vie d' »homme » soit plus simple. Eux aussi doivent vivre avec des critères du genre « fort », « protecteur », « viril », etc.. Or ils ont peut-être envie d’être faibles, protégés et pas forcément virils. Mais à ce moment là, on tombe direct dans des clichés ;) A mon avis, au final, homme ou femme, aucun n’a vraiment la vie facile en société.

J’avoue que j’ai un peu bâclé la fin, j’aurais pu approfondir la réflexion, mais je pense que j’en aurais eu pour toute la nuit, et j’avais normalement cours ce matin (ça m’a valu une petite promenade matinale dans le métro, à la fraiche comme ça, ça fait du bien, c’est sympâ). Enfin, oui, je suis d’accord, on demande aussi aux hommes de répondre à des normes, on leur accorde moins de fantaisies vestimentaires, et il faut qu’ils se montrent forts, virils, protecteurs etc selon les stéréotypes.

Cependant, cela ne concerne que le caractère et pas tant l’apparence. Les femmes aussi sont sensées se conformer à des normes pouvant être « handicapantes » au niveau du caractère et des comportements (dépendante, fragile et douce chose à la voix cristalline et aux gestes élégants, une vraie poupée de verre) ; cela va certes de mieux en mieux, des femmes arrivent à montrer qu’elles savent être autre chose qu’un objet reproductif et décoratif, elles sont chefs d’entreprises, ministres, médecins, et ça ne choque plus en France (enfin.. j’espère que ça ne choque plus !), mais je remarque quand même un comportement un peu schizophrène de la société à leur égard : on admire les Wonderwomen des temps modernes qui savent briser les vieux codes patriarcaux, et en parallèle, on vante tout ce qui est contrainte, obstacle, qui vise à les remmener à leur état décorativo-reproducteur.

Je n’ai pas dit que la vie était tout à fait rose pour la condition masculine non plus – puis j’avoue manquer quelque peu d’expérience personnelle à ce propos (ça rassurera Troff de le savoir xD) – mais sachant que les deux genres subissent des contraintes comportementales, et que c’est au féminin de se taper le pas-pratique-pas-confortable-mais-joli, je maintiens ma conclusion : la vie est plus simple quand on nait avec son appareil génital à l’extérieur.

[Edit 2] : Dialectique est mère de pensée

La pression est là pour les deux sexes, et comme tu dis plus marquée pour les femmes en ce qui concerne l’apparence. Il y a des points sur lesquels je serais partante pour être un homme. Mais d’un autre côté, je pense que les femmes sont souvent plus exigeantes avec les hommes que l’inverse. On en parlait l’autre jour, souvent les femmes ont besoin d’admirer les hommes, pour être avec. Alors que les hommes pas forcément. Ce qui d’une façon rabaisse la femme, je suis d’accord, mais moins de pression sur l’intellectuel que sur le physique (quoique ça change aussi), même si c’est triste à dire…

Pas forcément, j’ai été avec des types que je méprisais (oui, bon, ok, cas à part), et même pour Christophe, j’ai énormément d’estime pour lui, mais je ne le regarde pas comme un Dieu vivant (no offense), je sais qu’il a des qualités et des défauts et le traite plutôt comme un égal. Je pense que c’est normal pour tout et pas forcément les relations de couple : on doit reconnaître à quelqu’un des qualités et l’estimer pour être ami avec, et l’amour va de même, c’est plus une question de compatibilité que de pied d’estal (qui est d’ailleurs fort malsain).
Enfin, je reviens sur ce que tu as dit exactement : « souvent » pour les femmes et « pas forcément » pour les hommes… Ce ne serait pas du bonnet blanc et du blanc bonnet que tu nous fais là ?

Histoire de faire "genre"

Disons que oui, encore une fois, il existe dans les stéréotypes cette relation quasi-hiérarchique dans les relations homme-femme au sein d’un couple, ce qu’on appelle le modèle patriarcal en fait (l’homme aux rennes, et la dame qui passe de la gouvernance du père à celle d’un mari – ce qui passe par le changement de nom et le changement de mademoiselle à madame (non, ce n’est pas anodin !)). Si on suit le schéma couple-classique-des-années-50, monsieur part au travail comme il partait chasser jadis : la femme exige de lui qu’il soit intelligent, brille en société, ramène de l’argent au foyer. Mais monsieur aussi a ses exigences : madame doit être un joli faire-valoir pour justement l’aider à briller en société, s’occuper de son confort personnel et de sa descendance. Quelle situation stéréotypée est à envier le plus, franchement ?

Aujourd’hui, ça a un peu changé, certes, enfin, en surface j’ai envie de dire (cf cet article), mais les bons vieux schémas restent ancrés dans les têtes et les comportements de façon plus ou moins consciente : on sur-admire l’homme, on attend énormément de lui, et on se rabaisse en parallèle, à penser qu’on n’atteindrait jamais son niveau. Enfin, un schéma qui crée plein de super-névrosés, si c’est pas super ! :D

Les stéréotypes sur les genres ne mettent certes pas de pression intellectuelle sur les femmes (pourquoi dire « se vider la tête » en lisant un magazine féminin alors ? La lecture n’est-elle pas au contraire sensée la remplir ?), mais la société moderne, si ! Une femme aujourd’hui doit briller sur tous les plans et hommes et femmes se partagent le monde, les décisions et les pensées. Les hommes continuent de suivre les schémas de toujours, et les femmes jonglent avec les deux.

Histoire de faire "genre"

Je tombe à coup sûr trop dans les stéréotypes, mais je suis déchirée entre les deux idées. Je parle pour moi et non de façon générale.
Certes, j’ai envie d’être indépendante, de gagner ma vie par mes propres moyens et de ne pas idolâtrer mon copain/mari. Mais d’un autre coté, je garde presque la mentalité du début du siècle dernier, la femme au foyer (que je ne veux en aucun cas devenir) qui admire son mari, s’occupe de tout ce qui est en rapport avec l’intérieur. C’est ridicule, mais la femme totalement émancipée avec le partage égal à tous les niveaux, ça sera probablement pas moi. Je ne serais ni Julia Roberts, ni Kirsten Dunst (« le sourire de mona lisa »). Un peu tendance conservatrice au fond tout de même je l’avoue ;) Pas que j’en sois contente non, je préfèrerais être plus moderne a ce niveau la et du coup plus détachée aussi, mais ça marche pas :D

Je comprends tout à fait, et j’avoue que je serais sûrement un peu pareille si je n’étais pas tombée sur des connards qui ont cherché à me descendre (consciemment ou non) pour s’assurer de la présence de leurs organes génitaux. Pendant trois ans et demi, j’ai eu tout le loisir de constater l’absurdité de ces situations et d’avoir la présence d’esprit de ne jamais vouloir les revivre. Certes, je ne suis plus une ado, je suis moins fragile et manipulable qu’à l’époque, mais je pense que pas mal de filles et de femmes qui n’auraient pas vécu ça ne se rendent pas compte de la situation, de combien on leur crée des besoins d’être « dirigées », elles, les hystériques (de « utérus », je le rappelle), et de combien il est injuste qu’un homme se sente si supérieur à côté d’elles.

Ça m’effraie, mais je tomberai peut-être aussi dans le panneau que je le veuille ou non, parce que la société éduque les hommes et les femmes en leur proposant des modèles (dans les manuels scolaires, dans les publicités, les films, les séries, voire chez eux) où l’on continue de suivre de vieux schémas et que j’ai été « conditionnée » comme les autres. Je crois qu’on est un peu toutes déchirées entre les deux idées à cause de ça, mais mon expérience personnelle me pousse cependant à dénoncer les aberrations et à essayer de faire évoluer les mentalités si je le peux.

Images : Danny Stygion, robe (si, si) Marriage par Yves Saint Laurent, Adam Huges, Eyrieslove1 et Distemper

A toi qui es obsédé par ton poids

Tout d’abord, je ne veux pas te blâmer. Je ne vais pas te jeter de pierre, d’autant plus qu’une obsession étant ce qu’elle est, tu ne peux pas t’en débarrasser. D’autant plus encore que je te ressemble. Et qu’ils sont beaucoup, ceux qui te ressemblent sans forcément (se) l’avouer.Toi qui es obsédé par ton poids, je sais bien ce que tu penses des gros. Des dondons qui s’empiffrent parce qu’ils ne savent pas manger. Des couch potatoesfainéants et mous qui se laissent porter par la culture trop populaire de la surconsommation. Et toi, tu n’es pas comme eux. Toi, tu vises le succès, dur comme un squelette ou un muscle d’athlète. Et tu as peur de leur faire des concessions. Parce qu’être tendre avec eux est la clé de ton échec. Et l’échec, ça te fait vomir. L’échec, c’est ta tête dans les chiottes et tes yeux plein de larmes.A toi qui es obsédé(e) par ton poidsÉcrire cet article me fait mal, parce que je suis comme toi. Mais force est de constater, force est de constater que ce n’est qu’un rêve. Et que tu es très bien comme tu es. Qu’est-ce qui me fait dire ça ? Je ne te connais même pas forcément…

J’ai une maman qui m’a bien éduquée, qui m’a tout dit du grand méchant loup graisseux. Quand tu lui tournes autour, même si c’est pour le narguer, il finit toujours par t’avoir. Alors laisse-le tranquille ! Ma maman, elle était très bien. Elle était comme toi et moi, elle a fait des régimes, elle a perdu du poids. Elle a réussi. Puis c’est revenu, plus vicieusement qu’avant. Ce n’est pas une couch potatoe, la preuve : elle a su réussir. Elle a réussi, elle a gagné. Des dizaines de kilos, elle a gagné.

Puis moi aussi, j’étais très bien. J’ai voulu échapper à la destinée de mes parents, être mince, me contre-foutre des prédispositions génétiques. J’ai réussi aussi. J’ai réussi à tyranniser mon quotidien et à tyranniser la cuisine d’autrui, à regarder le sucre, le pain blanc et le beurre comme des poisons de contre-bande. J’étais obsédée.

Tellement obsédée que j’ai fait des accords secrets avec mes pires ennemis. En cachette, je les faisais disparaître, disparaître de la maison, en cachette. De mon ventre à la cuvette. Puis ça s’est su, j’étais fatiguée de c(r)acher, j’en ai grossi de honte, j’étais en échec.

C’était il y a deux ans.

A toi qui es obsédé(e) par ton poids

Fin tragique, rideau ? Grosse à vie et témoignage désespérant pour toute les fans de régimes et plus encore ? Faim magique, je me re-retrouve à ne rien acheter au supermarché. Rien ne me fait envie, ou trop envie, je scrute les étiquettes et repose cette saloperie. Trop chère, trop grasse, trop sucrée, trop raffinée, trop animale, trop pauvre en protéines, trop pauvre en fibres… Moi, mon lait de soja, mes pommes et mes yaourts nature. Je suis une obsédée comme une autre. Si j’avais une solution miracle, ça se saurait.Et si, la solution, sans miracles aucuns, ce serait d’écouter ses tripes ? Faire comme on le sent et ne plus penser. Penser à autre chose, à rire, sortir, profiter de la vie. Faire ce qu’on aime, parce que non, au fond, la nourriture n’est pas l’unique plaisir sur terre. Se rendre compte qu’on est beau. S’embellir par la joie, parce que le sourire est la plus belle parure d’un visage. Et sans y penser, peut-être, se lester de ce qui nous obsède en même temps que de notre obsession.A toi qui es obsédé(e) par ton poidsQu’est-ce qui me fait dire ça encore ? Des études scientifiques sur les régimes – quel mot horriblement moche, on dirait qu’on parle de politique ! Vous savez très bien que toutes les formules miracles sont d’autres modes de surconsommation. Des diététiciens véreux qui s’enrichissent à vendre du rêve. Comme Elle, Marie Claire et leurs copines connasses.

Je vous invite très, très, TRÈS fortement à lire cette interview, parce qu’elle ne cherche pas à faire plaisir, et c’est pour ça qu’elle est sensée : Interview du docteur Zermati.

Courage l’ami. Et si c’est que je ne peux pas comprendre, que tu ne PEUX juste pas changer, je t’encourage fortement à faire une psychothérapie courte. Allez, les psys, comme dirait Didier Super, c’est comme les clochards, les pédés et certains jeunes : y’en a des biens. Et si tu ne comprends pas le dixième degré, tu es un con d’intolérant facho-nazi qui tue des chatons.

A toi qui es obsédé(e) par ton poids

Photos : x, x, moi, x

Propos sur les voitures et les mini-jupes

Ah, ça leur va bien d’être insultants par-derrière leurs vitres de voiture… A qui mieux-mieux le fier, j’hurle « salope » et m’arrête à distance. Bon, tu sors ducon, ou tu restes entre ta portière et ton siège ? J’ai une certaine masse en guise de chaussures qui aimerait bien faire rencontre avec tes testicules – et mon poing dans ta gueule en bonus…

Connard -_-

Mémo : ne pas oublier d’enfiler sa burka en arrivant à Carcassonne… La panoplie spéciale clone en Converses-Longchamp-Temps des Cerises-frange (bon, excusez, ma typologie de la jeune population féminine date un peu) marche aussi : à force d’en voir, on se lasse. Le rouge, ça excite, en plus il y a des carreaux, dont l’angularité peut être vue comme phallique (si, si, je vous jure… Singmund, à moi ! On met ma parole en doute !). En plus parait que les écossais ne mettent rien sous leurs kilts, mouahaha ! Oui mais voilà : la laine, ça gratte, donc autant mettre un collant… Opaque de préférence, ça éloigne les connards (il paraît). Enfin oui, c’est vrai, ils sont restés à distance : on ne tape pas les filles (il paraît). Je demande le droit à la castration. J’aurais dû leur dire « Vos mères sucent des bites en Enfer » avant de projeter mon dernier repas sur les vitres tiens… Pire que les roumains au feu rouge : le remake de l’Exorciste.

Oui, bon, je suis de mauvaise foi, certes. Ce kilt est réellement court.
Mais le t-shirt un peu trop grand et l’opacité collantale (néologismes, je vous aime… ou pas) sont sensés faire office d’atténuation. Les chaussures, elles, peuvent être estimées de carrément dissuasives quant à la virilité de ces messieurs. Et surtout, SURTOUT : je ne suis PAS une salope O_O
MERDE !

[photo : DIMOshok sur Deviantart]