Ca déménage chez la Drey

Vous me connaissez sûrement via mon blog sur Skyrock (radio que je n’ai, soit dit en passant, jamais écoutée), plateforme que j’utilise depuis mon passage au web 2.0 en 2004 et dont j’ai eu du mal à me défaire – malgré une tentative sur cowblog et une via google qui se sont toutes deux révélées peu concluantes.

Les skyblogs ont bien évolué depuis le début : ils permettent énormément de personnalisation, sont d’utilisation assez simple et intuitive, et si on cherche bien, on arrive à y trouver des blogs plus intéressants que ce que les clichés veulent bien faire croire (celui-ci, par exemple ? Un exemple pris au hasard, cela va de soi). Cela surprenait toujours quand je disais que j’y avais un blog : dans l’esprit des gens, skyblog appartient à l’avant-facebook, des sites plein de gifs kitchs à paillettes, de langage à l’orthographe approximative, et de photos narcississo-inutiles agrémentées de commentaires tout aussi inutiles. Cela ne me gênait pas d’y avoir un blog, j’estime que le plus important est le contenu, non l’hébergeur, jusqu’à ce que l’hébergeur – ou quelqu’un se faisant  passer pour l’hébergeur – me fasse le coup de ce qui ressemble fort à un spam en me demandant d’envoyer 4 SMS (quel est le fuck ?) soi-disant gratuits à 2 euros plus le coût d’un SMS pour obtenir 4 codes pour soi-disant garder mon blog. Ça pue les vieilles chaînes sur hotmail, vous ne trouvez pas ?

Bref, ça m’a gavée, je me suis cassée. Oui, je le prends comme ça. Je vais donc passer ces prochains temps à transférer mes articles de skyrock à wordpress. WordPress demande des sous pour une utilisation premium qui permet une personnalisation avec du CSS, la plateforme est bien moins intuitive, mais je tenterai de me débrouiller. Dans un premier temps du moins, j’utiliserai les thèmes gratuits et les bribes de personnalisation qu’ils permettent.

Sur ce, bien à vous, soyez les bienvenus sur le nouveau chez-moi de mes traits d’esprit, et je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures !

Histoire de faire « genre »

Je constate avec affliction que de nombreux produits destinés à un public féminin ne sont ni pratiques, ni confortables. Exemple : les sacs.

Des années que je fais des essais avortés de sacs à main, sacs à épaule et autres trucs un peu prout-prout pour faire croire que je suis une adulte et pas une ado attardée… Et je reviens toujours à mon fidèle Eastpack édition 2002 qui me donnait l’air super-cool quand j’étais en quatrième. Raison 1 : je fourre tout ce que je veux dedans, raison 2 : il ne me nique pas le dos/le bras/la main quand je le porte longtemps. Mais je sens quand même un décalage entre mon statut de pseudo-adulte et les trucs tro-dark-delamor que j’ai dessinés/cousus dessus début lycée.

Prise d’un élan de conformisme (caca-le-mot), je me mets en quête de gros sac à dos assez sobre qui me permettrait de caser un peu tout ce dont j’ai besoin entre 10h et 19h (cours, PC, pitance, thermos de café, bouteille d’eau…). Bref, un sac classe, confortable et pratique.

Devinez quoi : ce sac n’existe pas dans la section « femme » des maroquiniers ! On en trouve rayon « homme », rayon « jeune et scolaire » avec la mention « parfait pour collège et lycée » (et quand ça fait plus de quatre ans qu’on a le bac, on fait quoi ?), et rayon femme : nada. Personnellement, je ne suis pas du genre à me gêner pour piocher dans les vêtements et accessoires pour homme ou enfant du moment que j’y trouve mon bonheur, mais pour des individus féminins lambda, il y a un message implicite qui a tendance à me titiller quelque peu les nerfs…

Mesdames, mesdemoiselles, soyez belles, soyez classes, ayez des affaires non-pratiques et bousillez-vous la santé, je vous prie.

Histoire de faire "genre"

J’ai pris l’exemple des sacs parce que c’est celui qui m’est venu en premier, mais j’aurais aussi bien pu parler des chaussures, des cheveux, du maquillage, de l’obsession du poids et de l’épilation. Il faut souffrir pour répondre aux normes esthétiques d’aujourd’hui quand on est une femme. Les stéréotypes du genre féminin m’énervent, parce qu’ils sont contraignants, et nécessaires pour être bien considérée comme femme.

J’ai grandi comme une petite fille, avec tout ce que ça implique comme influences de la part de la société qui m’entoure, et j’ai beau me répéter qu’on est tous des êtres humains avant d’être des hommes et des femmes, que je suis un individu à part entière bien avant d’être une femme, rien n’y fait : le féminin continue de me définir avant tout. Parce que pour me plaire à moi-même et pour la reconnaissance sociale, j’ai besoin de ressembler à du féminin – et ça ne passe pas que par les proéminences pectorales et l’appareil reproductif : il y a une manière d’être et de paraître.

Quand j’y pense – et c’est peut-être con, mais je viens juste d’y penser : c’est peut-être aussi en partie parce que je suis hétéro. Pourquoi mettre autant d’accent sur les genres si ce n’est pas pour que l’un se différencie de l’autre et fasse ainsi valoir sa compatibilité sexuelle ? Si on schématise : moi femme, toi homme, nous pouvoir [aller cueillir des fleurs ensemble et courir après des papillons]. Dans les jeux de séduction, on n’est pas seul (c’est un peu le principe, je vous l’accorde), et pour plaire à la plupart des hommes hétéros qui, eux aussi, ont grandi comme des petits garçons dans une société qui leur offre des codes pour correspondre au genre masculin, il faut ressembler à du féminin et correspondre à ses codes comme on peut.
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Conclusion : effectivement, la vie est plus simple avec une b*te.

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[Edit] Une amie m’a fait une réflexion pertinente vis-à-vis de l’article, je tenais à la publier ainsi que sa réponse afin de compléter le propos :

Je suis d’accord avec le fait que pour être femme, il faut correspondre à certains critères. Par contre, je ne suis pas d’accord avec la conclusion. Je ne pense pas que la vie d' »homme » soit plus simple. Eux aussi doivent vivre avec des critères du genre « fort », « protecteur », « viril », etc.. Or ils ont peut-être envie d’être faibles, protégés et pas forcément virils. Mais à ce moment là, on tombe direct dans des clichés ;) A mon avis, au final, homme ou femme, aucun n’a vraiment la vie facile en société.

J’avoue que j’ai un peu bâclé la fin, j’aurais pu approfondir la réflexion, mais je pense que j’en aurais eu pour toute la nuit, et j’avais normalement cours ce matin (ça m’a valu une petite promenade matinale dans le métro, à la fraiche comme ça, ça fait du bien, c’est sympâ). Enfin, oui, je suis d’accord, on demande aussi aux hommes de répondre à des normes, on leur accorde moins de fantaisies vestimentaires, et il faut qu’ils se montrent forts, virils, protecteurs etc selon les stéréotypes.

Cependant, cela ne concerne que le caractère et pas tant l’apparence. Les femmes aussi sont sensées se conformer à des normes pouvant être « handicapantes » au niveau du caractère et des comportements (dépendante, fragile et douce chose à la voix cristalline et aux gestes élégants, une vraie poupée de verre) ; cela va certes de mieux en mieux, des femmes arrivent à montrer qu’elles savent être autre chose qu’un objet reproductif et décoratif, elles sont chefs d’entreprises, ministres, médecins, et ça ne choque plus en France (enfin.. j’espère que ça ne choque plus !), mais je remarque quand même un comportement un peu schizophrène de la société à leur égard : on admire les Wonderwomen des temps modernes qui savent briser les vieux codes patriarcaux, et en parallèle, on vante tout ce qui est contrainte, obstacle, qui vise à les remmener à leur état décorativo-reproducteur.

Je n’ai pas dit que la vie était tout à fait rose pour la condition masculine non plus – puis j’avoue manquer quelque peu d’expérience personnelle à ce propos (ça rassurera Troff de le savoir xD) – mais sachant que les deux genres subissent des contraintes comportementales, et que c’est au féminin de se taper le pas-pratique-pas-confortable-mais-joli, je maintiens ma conclusion : la vie est plus simple quand on nait avec son appareil génital à l’extérieur.

[Edit 2] : Dialectique est mère de pensée

La pression est là pour les deux sexes, et comme tu dis plus marquée pour les femmes en ce qui concerne l’apparence. Il y a des points sur lesquels je serais partante pour être un homme. Mais d’un autre côté, je pense que les femmes sont souvent plus exigeantes avec les hommes que l’inverse. On en parlait l’autre jour, souvent les femmes ont besoin d’admirer les hommes, pour être avec. Alors que les hommes pas forcément. Ce qui d’une façon rabaisse la femme, je suis d’accord, mais moins de pression sur l’intellectuel que sur le physique (quoique ça change aussi), même si c’est triste à dire…

Pas forcément, j’ai été avec des types que je méprisais (oui, bon, ok, cas à part), et même pour Christophe, j’ai énormément d’estime pour lui, mais je ne le regarde pas comme un Dieu vivant (no offense), je sais qu’il a des qualités et des défauts et le traite plutôt comme un égal. Je pense que c’est normal pour tout et pas forcément les relations de couple : on doit reconnaître à quelqu’un des qualités et l’estimer pour être ami avec, et l’amour va de même, c’est plus une question de compatibilité que de pied d’estal (qui est d’ailleurs fort malsain).
Enfin, je reviens sur ce que tu as dit exactement : « souvent » pour les femmes et « pas forcément » pour les hommes… Ce ne serait pas du bonnet blanc et du blanc bonnet que tu nous fais là ?

Histoire de faire "genre"

Disons que oui, encore une fois, il existe dans les stéréotypes cette relation quasi-hiérarchique dans les relations homme-femme au sein d’un couple, ce qu’on appelle le modèle patriarcal en fait (l’homme aux rennes, et la dame qui passe de la gouvernance du père à celle d’un mari – ce qui passe par le changement de nom et le changement de mademoiselle à madame (non, ce n’est pas anodin !)). Si on suit le schéma couple-classique-des-années-50, monsieur part au travail comme il partait chasser jadis : la femme exige de lui qu’il soit intelligent, brille en société, ramène de l’argent au foyer. Mais monsieur aussi a ses exigences : madame doit être un joli faire-valoir pour justement l’aider à briller en société, s’occuper de son confort personnel et de sa descendance. Quelle situation stéréotypée est à envier le plus, franchement ?

Aujourd’hui, ça a un peu changé, certes, enfin, en surface j’ai envie de dire (cf cet article), mais les bons vieux schémas restent ancrés dans les têtes et les comportements de façon plus ou moins consciente : on sur-admire l’homme, on attend énormément de lui, et on se rabaisse en parallèle, à penser qu’on n’atteindrait jamais son niveau. Enfin, un schéma qui crée plein de super-névrosés, si c’est pas super ! :D

Les stéréotypes sur les genres ne mettent certes pas de pression intellectuelle sur les femmes (pourquoi dire « se vider la tête » en lisant un magazine féminin alors ? La lecture n’est-elle pas au contraire sensée la remplir ?), mais la société moderne, si ! Une femme aujourd’hui doit briller sur tous les plans et hommes et femmes se partagent le monde, les décisions et les pensées. Les hommes continuent de suivre les schémas de toujours, et les femmes jonglent avec les deux.

Histoire de faire "genre"

Je tombe à coup sûr trop dans les stéréotypes, mais je suis déchirée entre les deux idées. Je parle pour moi et non de façon générale.
Certes, j’ai envie d’être indépendante, de gagner ma vie par mes propres moyens et de ne pas idolâtrer mon copain/mari. Mais d’un autre coté, je garde presque la mentalité du début du siècle dernier, la femme au foyer (que je ne veux en aucun cas devenir) qui admire son mari, s’occupe de tout ce qui est en rapport avec l’intérieur. C’est ridicule, mais la femme totalement émancipée avec le partage égal à tous les niveaux, ça sera probablement pas moi. Je ne serais ni Julia Roberts, ni Kirsten Dunst (« le sourire de mona lisa »). Un peu tendance conservatrice au fond tout de même je l’avoue ;) Pas que j’en sois contente non, je préfèrerais être plus moderne a ce niveau la et du coup plus détachée aussi, mais ça marche pas :D

Je comprends tout à fait, et j’avoue que je serais sûrement un peu pareille si je n’étais pas tombée sur des connards qui ont cherché à me descendre (consciemment ou non) pour s’assurer de la présence de leurs organes génitaux. Pendant trois ans et demi, j’ai eu tout le loisir de constater l’absurdité de ces situations et d’avoir la présence d’esprit de ne jamais vouloir les revivre. Certes, je ne suis plus une ado, je suis moins fragile et manipulable qu’à l’époque, mais je pense que pas mal de filles et de femmes qui n’auraient pas vécu ça ne se rendent pas compte de la situation, de combien on leur crée des besoins d’être « dirigées », elles, les hystériques (de « utérus », je le rappelle), et de combien il est injuste qu’un homme se sente si supérieur à côté d’elles.

Ça m’effraie, mais je tomberai peut-être aussi dans le panneau que je le veuille ou non, parce que la société éduque les hommes et les femmes en leur proposant des modèles (dans les manuels scolaires, dans les publicités, les films, les séries, voire chez eux) où l’on continue de suivre de vieux schémas et que j’ai été « conditionnée » comme les autres. Je crois qu’on est un peu toutes déchirées entre les deux idées à cause de ça, mais mon expérience personnelle me pousse cependant à dénoncer les aberrations et à essayer de faire évoluer les mentalités si je le peux.

Images : Danny Stygion, robe (si, si) Marriage par Yves Saint Laurent, Adam Huges, Eyrieslove1 et Distemper

Age d’or

J’ai coupé tous mes souvenirs, tous jusqu’à toi.
Aujourd’hui je m’en laisse pousser de nouveaux :
La mémoire s’étendra, à mes pieds s’il le faut,
J’aurai pour habit la caresse de ses soies.
Et ta chaleur… dont la mémoire se nourrit,
Je la prendrai sur moi, j’en ferai mon parfum.
L’avenir peut bien aller encore et sans fin
Mais moi, je n’ai que toi en tête, et je souris.

je t’aime je t’aime je t’aime Etheldrède

[Oui, on se sent niaise comme une ado à proférer des insanités pareilles ; on a souvent dit « jamais » à du « quelques fois » et on oublie les « peut-être » avant les « toujours ». J’ai un cœur qui saigne parfois dans la plume et le cerveau déconnecte. Je fais un souhait que je lance à l’univers : continuer d’être heureuse, heureuse avec lui, et lui avec, autant que possible. Parce qu’il m’apaise, me rassure, me fait rire et vivre et que le plus grand des hasards m’a fait terminer un tome de mon existence dans l’été 2010. J’ai fermé la lourde couverture de mes passions adolescentes sur son nom, et les pages vierges de mon existence en sont depuis couvertes. Mes cheveux poussent à nouveau.]
Photo : Calle Rincón del Caballo Blanco à Pampelune, Lui.

La question qui tue

Analyse de scène quotidienne : la Drey prend le métro, dans les couloirs, un monsieur d’une cinquantaine d’année l’interpelle. Ici, plusieurs options se présentent à elle. La première qui vient à l’esprit est de faire semblant de ne pas entendre et de tracer sa route avec son casque sur les oreilles. La deuxième, qui vient après une réflexion faite de « c’est peut-être important » et de « c’est pas bien les préjugés, il a peut-être besoin d’un renseignement », est de s’arrêter et de prêter une oreille à la requête du quidam.On s’arrête, on enlève son casque, on lance un regard interrogateur, quand soudain, la question qui tue : « Est-ce que vous êtes gothique ? »

La question qui tue

L’affliction me lacère comme une balle en plein cœur : « Et tu viens m’importuner pour ça, manant ? » Non, je n’ai pas répondu ça, je suis polie. « Mais qu’est-ce que vous pouvez bien en avoir à foutre ? » Non, je n’ai pas répondu ça, je suis polie. « Non mais je vous demande si vous appartenez à la catégorie socio-culturelle « cinquantenaire bedonnant de classe moyenne qui regarde TF1 le dimanche », moi ? » Non, je n’ai pas répondu ça, je n’ai pas assez de répartie.Alors, comme une fille polie et qui manque de répartie, je me suis énervée poliment contre les manies de mettre des étiquettes aux gens. Semblerait-il que nous appartenions tous à des catégories et que blablabla pourtant les boucles d’oreilles blablabla noir. Ah, ces gens qui vous posent des questions quand ils croient déjà avoir une réponse… C’est pour étaler sa graaande culture qu’il a posé la question ? « Regardez, j’ai reconnu en vous le code vestimentaire des ados fans de Marilyn Manson et Evanescence qu’on voyait à la TV il y a quelques années ! »… J’aurais peut-être dû lui offrir une médaille en fait… Sinon, c’était peut-être pour me faire la morale, me dire que la-vie-c’est-beau et qu’il ne faut pas être gothique comme ça… Ou alors pour me poser tout un tas de questions sur ce que je mange (du noir), la lessive que j’utilise (pour le noir) et si je me torche avec ce mâgnifique papier noir…

Enfin, ce fut une rare occasion de manifester mon existence contre une essence qu’on m’impose, et puisque l’enfer, c’est les autres, j’ai pris le parti de me barrer en courant après un « au-revoir » sec et angoissé. Oui, il m’en faut peu pour m’angoisser, j’ai horreur qu’on m’enferme où que ce soit. Même dans des jugements, oui, oui.

D’une part, je refuse le concept absolument artificiel de catégories humaines. J’estime que chacun a son histoire, son caractère, et que chercher à se définir de l’extérieur, que ce soit par une culture, une religion, un parti politique ou autre, c’est se mettre des bornes et se mentir.

D’autre part, le terme « gothique » employé à tort et à travers, et SURTOUT pour chercher à définir des individus m’horripile au plus haut point. Pour l’architecture, soit. Pour le genre littéraire des XVIII-XIXème siècles, soit. Pour un type de musique post-punk, ça passe. Pour un genre de métal très spécifique, ça passe. Pour les soirées/bars où l’on passe les musiques précédemment citées, soit, ça permet de savoir à quoi s’attendre (et encore…). Pour les boutiques de vêtements et accessoires répondant (plus ou moins) aux dress-codes de ces soirées, on frôle l’abus de langage, mais encore une fois, ça permet de savoir à quoi s’attendre. Mais pour des personnes…?! Je sais, il existe des tutoriels de maquillage « gothique », même des guides avec des marches à suivre pour le « devenir » mais, mais, mais… Mais il faut un sacré manque de personnalité tout de même, sans parler de la mauvaise foi.

La question qui tue

Alors oui, si on me prend de très loin et très superficiellement en me faisant passer un test pour ados affamés d’appartenances à des clans-et-plus-ça-emmerde-papa-et-maman-mieux-c’est, oui, il y a des chances que mon résultat soit « Tu es gothique ! Tes fringues sont sombres comme ton âme, tu as certainement une chauve-souris domestique et tu regardes la Famille Adams en prenant ton petit déjeuner. Mais au fond, tu es très gentil, même si tu fais peur. ».

Je suis un individu et je m’appelle Audrey, merci de votre compréhension.

Pour de plus amples explications sur le « cé koi un gotik ? » je vous invite à visiter ce blog.

Images : x, Jean-Paul Sartre (je sais, il fait peur.. il devait être gothique)

S.A.D.

Je me déglingue dans mon âme et dans mon corps,
Seules ses pensées m’apportent du réconfort ;
Du reste, je suis SAD, SAD en hiver,
La vie est fade, fade à se foutre en l’air.
Non. Non, ça ne sort pas de nulle-part,
C’est juste con, très con, et revanchard.

Je suis SAD, SAD à en mourir,
Je m’en évade par le rêve,
M’enferme dans les souvenirs,
Et chaque année, aucune trêve.

Je suis SAD
Comme une rengaine,
Je suis SAD
Again and again.

Etheldrède

[Je sais, c’est de la merde. Je ne sais plus écrire, « j’ai perdu ma plume », comme dirait l’autre, l’ancien moi. Enfin, j’écris, c’est quelque chose… Il n’y a pas plus nul que le rien. Je suis au-dessus de la nullité, joie et allégresse ! Oui, oui, je demanderai une lampe de luminothérapie pour Noël, juré…]

Hoy, me he enamorado

Hoy, me he enamorado

Tengo miedo de perder mis palabras, mis palabras tan preciosistas estas palabras que se encadenan solas en mi cabeza, como por milagro: pienso en español, y lo siento por los non-hispanohablantes, pero esas palabras son españolas.

Hoy es un día especial. No ha pasado nada muy importante en el mundo, o quizás sí, pero no será algo que me preocupa tanto. Hoy, me he enamorado. Y todo me parece claro, claro, claro, como las dientes detrás de una sonrisa, claro como el viento está fresco esta noche en Navarra. Un milagro, eso es. El milagro del tiempo pasado en un lugar determinado, una inmersión hasta que mis pulmones sean llenos… Llenos de aire español.

¿Qué pasó? Nada, o casi nada. Es que tengo que enamorarme para entender. He sido siempre enamorada de lo británico. No puedo decir qué exactamente en lo británico, el amor es algo irracional.
Para lo alemán, me enamoré de repente. Era en un tren de noche durante el verano de 2008. Ella se llamaba Dorothé, y su dirección de correo electrónico está perdida no sé dónde desde el día después. Hablaba con palabras mágicas. Era la primera persona que encontré que no mostró sorpresa cuando habló de Bauhaus, Siouxsie and the Banshees y Clan of Xymox. Les conocía todos, pero no les gustaba tanto. Ella hablaba otro idioma. Wim Wenders, Heiner Müller y Einstürzende Neubauten. Así empezó una pasión irrevocable, una pasión por el alemán, aunque no sé muy bien el idioma por el momento. No tardará.
¿Y hoy? Hoy… Acabo con años de odio, años sin entender, años de falsas ideas. Y eso que mi abuela, mi querida abuela se llamaba Plaza. Y eso que he amado a casi-españoles. Lo tengo en mi sangre y me lo negaba. No era bastante exótico para yo, quizá. Hizo esfuerzos, mejoró mi español, pero seguía sin entender, no era lo mío todavía y tenía que hacer más esfuerzos, más esfuerzos, más esfuerzos.

Amar es algo irracional, y él, guitarrista, tenía razón, totalmente razón. Un país, un lugar, se puede entender por su música sola, la manera como se toca, la manera como se entiende, la manera como se baila. Música, baila y canto, emociones puras e inteligencia del cuerpo. Música, baila y letra, eso es el flamenco. El lenguaje non-dicho que comunica más que todo lo que se puede decir. Más que lo racional. Sólo era una conferencia, con una bailadora, una cantante y un guitarrista, demostraciones y explicaciones. Me he quedado pasmosa, casi llorando de emoción y con el corazón en la boca. Parece muy tópico. Como enamorarse de Francia al comiendo una baguette, o sacar una foto de Big Ben en Inglaterra. Pues, me he enamorado de España por el flamenco, y ni siquiera estaba en Andalucía, sino en Navarra. Como si alguien comiera un cassoulet en Normandie.

¿Y ahora? Ahora, me espera un libro por Carlos Ruis Zafón cerca de mi cama. Ahora, estoy escuchando un tango flamenco. Ahora, estoy en España, y sólo falta una semana para que esté en Andalucía.

Estoy segura de que he hecho errores de gramática enormes, eso debe morir, y morirá.

Foto: x

Stop running for your life and start to dance

Courir, courir, courir. A croire qu’ils n’ont que ce mot à la bouche. Je n’ai jamais compris pourquoi. Et je n’ai jamais aimé ça. Au sens propre comme au sens figuré. Que ce soit mon père qui me crie que j’allais être en retard du bas des escaliers ou la prof de sport de primaire qui nous faisait faire de l’endurance, cela m’a toujours fait horreur. Quelqu’un qui fait du jogging, ou l’image parfaite de l’individu sain et bien sous tous rapports, qui va se marier, mange des haricots verts (Raccoon spéciale kass-dédi wesh-wesh) et lit Guerre et Paix sans s’endormir dessus.

Courir, c’est faire des lignes droites. Se répéter encore et encore et ne penser à rien. Se faire du mal sans but. Se faire chier. De l’acharnement borné du troupeau qui court ensemble vers la même direction. L’imitation du chasseur préhistorique qui courait pour attraper sa proie, dépensait ses calories, n’était pas obèse.

Je dois être trop évoluée pour ça. Déjà, la viande, c’est pas ma tasse de thé. Puis quitte à être au cœur des âges, les rites, c’est plus joli. Que ce soit par animisme ou tourné vers le ciel, danser, c’est s’émerveiller de la création, remercier en créant.

Loin de la rengaine répétitive des muscles qui courent, le danseur fait des variations et joue de son corps au monde, choisit ses modulations et son énergie, il est le reflet d’une vie non-monotone où, lunatique, il passe de la violence à la douceur, du repos à la course et du saut à la chute. Nos vies ne sont pas des lignes droites qui mènent à la tombe, c’est un temps qui se courbe et serpente, ralentit et accélère, fait des retours sur soi, s’élance, et, à l’épuisement, arrête la danse.

Je ne comprends toujours pas pourquoi les gens continuent de courir, on croirait qu’ils veulent mourir plus vite. Danser prend le temps de construire l’instant, de se partager avec la musique, de se partager avec le silence. Découvrir le monde dans son toucher, son soutien, son poids. Découvrir autrui dans son toucher, son soutien, son poids. Ça peut même ne pas être sérieux, voire tout à fait ridicule. Avez-vous déjà vu quelqu’un faire un jogging en n’étant pas sérieux, voire tout à fait ridicule ? Le joggeur manque de sens de l’humour, pour sûr. Il ne rit jamais, il n’est jamais triste. C’est une machine.

La danse est une émotion visuelle et sensuelle. Je dis peut-être ça parce que je suis romantique, il faudra d’ailleurs que je fasse un article pour expliquer ce que c’est, le romantisme, parce que ça n’a rien à voir avec les poneys à paillettes qui courent sous des arcs-en-ciel. Mais la musique est une émotion auditive, la peinture et la photo des émotions visuelles. Non, je n’ai pas dit que j’étais emo non plus, beware. Si je devais être un préfixe musical, je serais peut-être post, black, goth, dark, cold, doom et autres barbarismes peu joyeux, mais le emocore et ses copains, c’est pas forcément ce qui me flatte le plus les oreilles pour le très peu que j’en connaisse. Et voilà, je dis graisse. Vous imaginez un joggeur digresser vous ? Ben voilà, le joggeur il court, il va droit au but, et c’est tout ce qu’il fait ; quand je vous disais qu’il était chiant… Je ne vois pas pourquoi je devrais suivre des règles jusque dans mes loisirs, je file peut-être du mauvais coton, mais je n’aime pas filer droit : on manque trop de détails quand on file droit, on ne pense pas assez large, et je me sens toujours peinée de devoir faire de la condescendance auprès des esprits étroits – qui font du jogging.

Plait-il ? Mon obsession du jogging frise l’absurde ? Ah ? Quand je vous disais que je filais du mauvais coton, je ne sais plus ce que je dis. J’écris jusqu’à pas d’heure avec des doigts qui dansent sur le clavier, à dire des trucs qui se pètent la gueule, et ne rentre que très tard sous ma couette. C’est à dire que demain je cours, alors ce soir j’en profite. Le monde réel où on doit continuer à aller droit si on veut continuer à danser longtemps. Alors cette nuit, je suis absurde si je veux.

Le jogging, ça pue.

 

Photo : Martha Grahams

Et une pensée du fond du cœur à celle qui m’a dit il n’y a pas si longtemps de danser aussi pour mes tristesses.